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Comment optimiser le coût d’un mariage

Les budgets des mariages ont tendance à diminuer, en particulier pour les robes et les extras. La numérisation déploie aussi ses effets. Les formalités administratives peuvent coûter cher

Les mariages sont toujours aussi populaires. Les quatre cinquièmes des couples qui vivent en ménage sont mariés, selon l’Office fédéral des statistiques. Près de 41 000 mariages sont célébrés chaque année en Suisse.

Le rêve a toutefois un coût. Dans un contexte de pression sur les revenus après impôts, les dépenses prévues pour l’événement sont de plus en plus revues à la baisse. «Le budget a probablement diminué de 20 à 30% en dix ans. La baisse n’a pas été brutale, mais elle est régulière et progressive», indique Philippe Mundler, responsable du Salon du mariage, qui se tiendra du 18 au 20 janvier, à Beaulieu.

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A l’inverse des foires de l’horlogerie, le besoin de rencontrer les fournisseurs se maintient, assure-t-il. La précédente édition s’était d’ailleurs traduite par une augmentation de 10% des visiteurs. Le Salon du mariage de Genève aura lieu lui les 3 et 4 novembre au Bâtiment des forces motrices.

A partir de 10 000 francs

Au total, le budget minimum d’un mariage s’élève à 10 000 francs pour une réception avec 40 hôtes, selon notre interlocuteur. Les principales catégories de dépenses sont la réception, la robe, le photographe et les bijoux. Aucune d’entre elles n’échappe aux économies, mais ce sont les extras qui sont les premiers à être comprimés, à l’image des feux d’artifice, du vol de colombes ou de la location d’une limousine. «La Rolls est remplacée par la Fiat 500», observe Philippe Mundler.

La numérisation déploie aussi ses effets sur ce segment particulier du commerce de détail qu’est la robe de mariée. «Des fiancés visitent les boutiques spécialisées, font des essais, notent le modèle et la taille et commandent sur internet. Au lieu de 1800 à 2200 francs, le prix moyen, la facture peut tomber à 38 dollars sur un site chinois», constate Philippe Mundler. Le prix final est toutefois plus élevé en raison des nécessaires retouches.

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Si l’on est obligé de tailler dans certains coûts, Philippe Mundler estime que le souvenir d’un mariage réussi dépend avant tout de deux éléments, l’animation et le repas. Dans ces circonstances, c’est en limitant le nombre d’invités que l’objectif peut être atteint. Pour la réception, la tendance est à l’originalité, comme la recherche de lieux de bohème. Le besoin de se réinventer résulte naturellement des contraintes financières.

La fiabilité du professionnel

Pour un repas, les prix vont de 50 à 150 francs, y compris les boissons, assure Philippe Mundler. Un bon repas «traiteur», débute à 50-60 francs avec le vin. «Contrairement aux idées reçues, les prix des hôtels cinq étoiles ne sont pas démesurés. La qualité est souvent excellente pour un menu à 150 francs avec boissons», révèle-t-il. Cette solution a l’avantage de profiter d’offres spéciales pour les chambres et le petit-déjeuner.

Pour un photographe, «mieux vaut faire confiance à un bon professionnel, dont le tarif oscille entre 1500 et 3000 francs pour toute la fête, qu’à un ami qui décide de s’amuser à partir de 23 heures plutôt que d’accomplir sa tâche avec diligence», conseille Philippe Mundler. Le site de Mariage.ch propose divers services afin d’organiser son mariage, comme l’établissement du budget ou du plan de table.

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La préparation du mariage, à commencer par la détermination de la date, nécessite énormément de temps. L’appel à l’état civil, que nous avons tenté dans tous les cantons romands, est démesurément long. Mais l’obstacle n’est pas insurmontable. Pour éviter les risques, par exemple un renvoi de dernière minute, mieux vaut disposer des documents à temps et se préparer suffisamment à l’avance. Les astuces ne manquent pas, à commencer par se marier hors saison, éviter le samedi et faire appel aux proches, ainsi que visiter les salons du mariage, parce que les fournisseurs y présentent des offres promotionnelles.

Le poids des formalités administratives

Les formalités du mariage ne sont pas considérées comme un service public gratuit, peu importent les impôts que paient les fiancés. Depuis le 1er janvier 2000, le mariage est payant. Le tarif est fonction de la complexité du dossier, de la nationalité, du lieu choisi.

Le budget a probablement diminué de 20 à 30% en dix ans. La baisse n’a pas été brutale, mais elle est régulière et progressive

Philippe Mundler, responsable du Salon du mariage

A Lausanne, Frédéric Rouyard, porte-parole au Service de la population, explique que le prix moyen oscille entre 350 et 400 francs pour l’établissement du dossier et la cérémonie. Mais l’addition peut s’alourdir, selon les situations. L’établissement du dossier coûte 150 francs, la cérémonie en semaine 75 francs, mais 150 francs le samedi. Il est également possible de choisir un des 12 lieux exceptionnels disponibles, comme le château de Coppet, un bateau de la CGN, le prieuré de Romainmôtier ou les Portes des Iris. Le prix est alors de 1500 francs pour la cérémonie, laquelle s’étend toutefois à une heure et demie. C’est un tarif forfaitaire global qui correspond à la totalité du prix du mariage. En 2015, 189 couples ont choisi cette solution. Ce montant perçu par l’état civil est indépendant du prix demandé par chacun des sites pour leurs prestations commerciales. Les fiancés doivent voir directement avec les gérants de ces derniers.

Cérémonie gratuite à Delémont

Le mariage est de moins en moins souvent célébré religieusement, mais un besoin de cérémonie persiste, même si celle-ci a lieu hors d’une église, note Philippe Mundler. Notons que l’Eglise catholique est présente avec un stand au Salon du mariage de Lausanne. A l’évidence, c’est un lieu d’économie du mariage, mais aussi une occasion de rencontrer la population pour discuter de ce sacrement. «On se marie moins par tradition que par conviction et par besoin de sens», note Philippe Becquart, au département des adultes du vicariat épiscopal de Lausanne.

«Le cours de préparation au mariage et la cérémonie sont gratuites», puisqu’ils sont compris dans les impôts, déclarent, à Delémont, l’abbé Jean-Marie Nussbaum et, à Lausanne, l’abbé Christophe Godel, vicaire épiscopal. Si la volonté des fiancés est de se marier dans une autre paroisse et dans un site religieux particulier, il est possible que la cérémonie ne soit pas gratuite, précise ce dernier.

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