«Grâce à la mise en œuvre de notre suite e-business, Oracle va pouvoir économiser son troisième milliard de dollars». Larry Ellison, PDG et figure de proue de la société Oracle, répète inlassablement son meilleur argument marketing devant une assistance venue boire ses paroles. Tel un grand prédicateur au verbe, à l'habit et au geste étudiés pour convaincre, il entend diffuser son message de ce côté-ci de l'Atlantique. Pour ce faire, Oracle a organisé à Paris, cette semaine, sa première conférence européenne qui a accueilli près de 6000 visiteurs.

Selon Sergio Giacoletto, vice-président exécutif de la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA), «l'Europe a montré une croissance sans précédent dans le e-business. Cette année, le Vieux Continent aura plus de PC connectés à Internet que les Etats-Unis. Ajoutées à la technologie sans fil et à l'établissement d'une monnaie commune, les opportunités y sont donc sans limite». Les revenus d'Oracle pour la région EMEA s'élèvent à 3 milliards de dollars et constituent 29 à 31% du chiffre d'affaire total d'Oracle.

Un milliard de dollars économisé

Depuis 1997, la firme a adopté une nouvelle stratégie. Le marché des bases de données montrait alors des signes de maturité et certains concurrents principaux tels SAP, Siebel et Peoplesoft offraient de nouveaux programmes menaçant de reléguer les anciens spécialistes au second plan. Depuis deux ans, Oracle a développé et commercialisé son nouveau produit, une suite de logiciels d'application intégrée, qui permet à une entreprise d'utiliser Internet pour la plupart de leurs activités. Oracle affirme que cette standardisation facilite le travail du client disposant de l'ensemble de la palette et qui voit ainsi ses coûts se réduire. Ses concurrents proposent une autre approche. Spécialisés dans des tâches spécifiques, ils mettent en avant leur plus grande facilité d'utilisation.

Oracle s'est «autoappliqué» sa suite e-business. Et Larry Ellison d'annoncer, la première année, que sa société en se transformant en une «e-business company» avait réussi à économiser 1 milliard de dollars et en vise déjà deux autres de plus. La stratégie de vente est des plus classiques: si nous l'avons fait, vous aussi pourrez le faire. «La suite d'Oracle n'est pas parfaite, elle apporte peut-être 80% des solutions», affirme Larry Ellison. Selon lui, puisque les processus du commerce sont toujours plus standardisés, le produit permet à une société de réduire ses coûts et d'être plus efficace. De plus, pour attirer les petites et moyennes entreprises, le site Web d'Oracle offre la possibilité à ses clients d'obtenir les applications via un service online. Un «self-service» destiné aux entreprises de toutes tailles qui veulent éviter les coûts traditionnels d'une telle mise en place.