Une comparaison avec Swisscom. Une pique envers Sunrise. Puis encore une confrontation avec Swisscom. Thomas Sieber n’a pas hésité à citer plusieurs fois ses concurrents, jeudi à Zurich. Le directeur d’Orange présentait la stratégie de l’opérateur, cinq mois après son rachat par le fonds d’investissement Apax. Désormais hors du giron de France Télécom, l’opérateur a aussi affiché ses résultats pour le premier trimestre. Le chiffre d’affaires a augmenté de 2,7% (306 millions de francs), l’EBIT­DA a progressé de 31,4% (86,5 millions) alors que le nombre de clients s’élève désormais à 1,62 million (+ 3,6%).

Le Temps: Apax vous impose-t-il une restructuration?

Thomas Sieber: Non, ce n’est pas nécessaire, nous étions déjà «fit» avec France Télécom. Il y a certes des changements au back-office pour être plus efficace et des emplois supprimés dans le secteur du multimédia (ndlr: suite à la fermeture de Citydisc). Mais en parallèle nous ouvrons cette année 12 nouveaux magasins et créerons entre 30 et 40 nouveaux emplois.

– Le revenu mensuel moyen par client (ARPU) a progressé de 6%, à 54,1 francs, il est plus haut que celui de Swisscom et de Sunrise. Vous dites proposer des tarifs attractifs, est-ce à dire que vos clients choisissent les mauvais abonnements?

– Non. Nous avons un bon mix de clients, avec une partie importante de clients haut de gamme qui ont des besoins importants et choisissent des options supplémentaires. Ainsi, 80% des abonnés à Orange Me optent pour une option de transfert de données.

– Vous n’êtes pas du tout présent sur le réseau fixe, or Swisscom et Sunrise proposent désormais des combinaisons incluant Internet, téléphonie fixe, mobile et télévision. Ne risquez-vous pas de souffrir de ce manque?

– Non, nous observons cela, je constate que ces offres combinées attirent pour l’heure une clientèle limitée. Nous n’avons pas non plus de plan pour la fibre optique. Le marché du mobile a encore du potentiel.

– Vous avez environ 16% de parts de marché dans le mobile. Apax se satisfait-il de cela?

– Apax ne nous fixe pas de but avec ce chiffre. Ce qui compte, c’est la valeur de nos clients. Et nous avons acquis 24,1% des nouveaux clients totaux au premier trimestre, c’est un bon signe.

– Sans France Télécom, pouvez-vous investir autant que vous le souhaitez?

– Oui, nous avons ainsi récemment payé les 150 millions pour les licences de téléphonie avec le cash issu de nos activités opérationnelles. Et nous investissons 140 millions par an dans notre réseau.

– Vous vous comparez désormais à vos concurrents, pourquoi ce changement de stratégie?

– Orange va augmenter son agressivité commerciale, c’est une phase supplémentaire de notre stratégie. Sous l’ère France Télécom, nous nous concentrions sur l’ARPU, le marché du smartphone et les abonnements 24 mois. Désormais, nous activons toutes les possibilités. Trimestre après trimestre, vous verrez des comparaisons avec Swisscom et Sunrise.

– Selon l’étude «Connect» de l’automne dernier, votre réseau s’est amélioré. Quelles sont vos ambitions?

– Notre appréciation est désormais «bien», nous étions avant deux crans en dessous et nous voulons passer à «très bien».