Les institutions de retraite cantonales romandes sont d'inspiration radicale et protestante. Genève a été le premier à lancer son institution, en 1849, trois ans après la révolution fazyste, sous la forme d'une maison de retraite. Les rentes devaient servir à constituer le capital pour y passer ses vieux jours. Neuchâtel a suivi en 1898, en pleine industrialisation, par l'instauration d'une institution d'assurance vie. Vaud a fermé la marche par la création, en 1907, sur l'initiative du médecin Emile Dind, d'une assurance vieillesse. Le modèle mutualiste choisi par les trois institutions est une réponse apportée dès l'origine au problème de solidité dû à leur petite taille.

Alors que ni les deux guerres mondiales, ni la crise des années 1930 n'étaient parvenues à les mettre en danger, l'instauration de l'AVS en 1947 et celle, obligatoire, du 2e pilier en 1985, ont représenté un véritable défi à leur survie. Vaud et Genève ont réagi en élargissant, respectivement en 1989 et 1992, le champ d'action de leurs institutions à toutes les formes possibles de prévoyance dans le troisième pilier. Comme le notaient les Retraites populaires en 1947 déjà, «le souci (individuel - ndlr) d'assurer ses vieux jours par un effort personnel fait de plus en plus de progrès».