Oswald Grübel, CEO d’UBS depuis février, a vigoureusement défendu mercredi matin devant les actionnaires, le modèle de banque globale et intégrée: «Nous voulons continuer de conjuguer nos affaires auprès de la clientèle privée avec notre expertise dans les domaines de la banque d’affaires et de la gestion d’actifs», a-t-il déclaré.

Même si la banque d’affaires d’UBS a provoqué des pertes de plusieurs dizaines de milliards de dollars ces deux dernières années, les critiques la concernant «ne tiennent pas compte de l’ensemble du tableau (...) Les entreprises veulent continuer à emprunter des capitaux, à accéder aux marchés et à résoudre leurs questions de structure et de stratégie. Pour ce faire, elles ont besoin du conseil et du soutien d’une banque d’affaires. Par ailleurs, afin d’assurer le fonctionnement des flux de capitaux internationaux au sein de la gestion de fortune, on ne peut se passer d’établissements effectuant le négoce pour le compte de leurs clients. Il est donc important pour la place financière suisse, si elle veut défendre sa position au sein des marchés privilégiés par les investisseurs, de disposer de banques d’affaires en tant que plateformes de négoce.»

Oswald Grübel a précisé que cela ne signifie pas pour autant que les gestionnaires de la banque d’affaires «doivent continuer à prendre les risques élevés qu’ils prenaient hier, bien au contraire. Ces temps sont révolus». Par ailleurs, les rendements des dernières années sont «révolus».

Bouleversements

Plus généralement, le patron d’UBS a souligné les bouleversements qui touchent le secteur financier. Premièrement, «l’influence politique s’est considérablement accrue, directement notamment, par le biais d’une multitude de prises de participations étatiques au capital de banques dans le monde entier, ainsi que par le maintien de mesures de soutien des gouvernements. Je ne fais que constater ici les faits, sans y porter un jugement, car les institutions correspondantes, UBS y comprise, ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes.»

Deuxièmement, la pression réglementaire s’est alourdie. «Le renforcement des exigences en matière de fonds propres n’est certainement que le début d’une série de nouvelles directives. Ces dernières sont en partie justifiées et utiles, mais il y aura sans doute aussi des excès.»

Enfin, «un nouveau consensus a vu le jour au sein de la communauté internationale concernant l’échange d’informations en matière fiscale, et la pression pesant sur le secret bancaire est appelée à perdurer. La place financière suisse n’est pas la seule concernée par cette évolution.» Oswald Grübel a précisé qu’il ne «tolérera aucune violation ni aucune zone d’ombre quant au respect des lois et directives en vigueur. Les conditions régissant la gestion de fortune internationale sont appelées à évoluer et à influencer le comportement de nos clients. Nous veillerons, à cet égard, à ne pas être pris au dépourvu.»

Mesures d’économie

S’agissant des suppressions d’emplois (8700 d’ici 2010, dont 2500 en Suisse), Oswald Grübel les a qualifiées d’«inéluctables»: «L’évolution des conditions de marché et la baisse du volume d’activités nous imposent d’adapter nos capacités en conséquence. L’activité bancaire est une activité à très fort coefficient de personnel et ce sont donc des personnes qui sont malheureusement touchées par ces mesures.»

Il a également annoncé des sacrifices financiers pour les collaborateurs restants, en particulier les cadres: «Nous abandonnerons en outre certaines prestations salariales annexes concernant nos collaborateurs, en particulier dans le management, pour optimiser nos économies. UBS a toujours été un employeur généreux et les avantages qu’elle distribuait aux collaborateurs ont souvent dépassé les normes du secteur et du marché. Je trouve tout à fait légitime qu’une entreprise florissante disposant de tels moyens fasse participer à sa réussite ses collaborateurs. A l’heure actuelle cependant j’espère que nos collaborateurs comprendront et soutiendront cette décision.»