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Office de l'emploi à Madrid: la réduction des inégalités passera par la réduction du chômage.
© ANDREA COMAS/REUTERS

Editorial

Les oubliés de la reprise économique

EDITORIAL. La richesse augmente dans le monde, mais les inégalités aussi. Ne pas y prêter attention est dangereux

Le principal apport de l’étude de Credit Suisse sur la richesse dans le monde? Mettre de nouveaux chiffres sur un sentiment tenace et désagréable. Celui que la reprise économique n’a pas profité à tout le monde, alors que la crise financière de 2008, elle, a fait des ravages sans distinction.

Lire aussi: Le nombre de millionnaires augmente, les inégalités aussi

A la faveur de la hausse des bourses et de l’immobilier, aidés par des politiques monétaires extraordinaires, le nombre de millionnaires continue d’augmenter tout autour du globe, mais surtout aux Etats-Unis. Une bonne nouvelle pour les commanditaires de l’étude: autant de nouveaux clients potentiels pour la gestion de fortune.

La fortune moyenne gonfle aussi: elle a atteint un record cette année, avec 56 540 dollars par habitant adulte de la planète. Mais combien de personnes détiennent vraiment autant d’argent? Car, dans le même temps, la médiane – qui montre le niveau où l’on trouve autant de personnes ayant une fortune plus faible que de personnes en ayant une plus élevée – stagne. Signe que les inégalités s’accroissent.

Génération perdue

C’est vrai pour et entre toutes les régions. En Europe et en Amérique du Nord, cette tendance affecte en priorité la génération Y (née entre 1980 et 2000), la première à se retrouver plus mal lotie que ses parents en termes financiers. Plombés par des dettes aux Etats-Unis, victimes d’un marché du travail qui ne parvient toujours pas suffisamment à les absorber, avec, déjà, des perspectives de retraites dégarnies, les «millennials malchanceux» affichent de plus en plus les traits d’une génération perdue. Ce qui risque de laisser des traces bien au-delà de la période actuelle.

C’est préoccupant en soi, mais aussi parce que les déboires économiques nourrissent les extrêmes, on l’a suffisamment vu ces derniers mois. Ce n’est pourtant pas une fatalité: l’étude le montre, les premières années du millénaire avaient justement été des années de croissance beaucoup plus inclusive.

La leçon? Les banques centrales ont fait un immense travail pour éviter une grande dépression et relancer la machine économique. Une tâche d’autant plus laborieuse que les stigmates de la crise financière étaient profonds et renforcés par la crise de la dette qui a suivi. Certains gouvernements se sont aussi attelés à des réformes structurelles dont les premiers signes émergent. Mais, alors que la reprise qui se matérialise enfin pourrait inciter à se relâcher, ces chiffres sont là pour nous le rappeler: le travail ne fait que commencer pour éviter que seule une minorité en profite. Et il faut à tout instant garder à l’esprit l’idée que la croissance n’a de valeur que si elle est inclusive.

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