Innovation

Overnight veut réinventer le modèle de l'hébergement traditionnel

L'hôtellerie s'est ajustée aux envies de collaboratif, de numérique et de dernière minute. La nouvelle application californienne Overnight réunit les trois critères sur une seule plate-forme

Pour répondre à la concurrence d’Airbnb et la nouvelle demande collaborative, l’industrie hôtelière innove: les clefs de chambre en bon d’achat Starbucks à Seattle, l’hôtel éphémère 100% dédié aux jeux vidéo à Paris ou la réalité augmentée pour «téléporter» ses clients à Los Angeles… En misant uniquement sur la spontanéité de la dernière minute, la plate-forme HotelTonight, créée en 2010 à San Francisco, apporte, elle, une autre réponse. Sa réussite inspire, forcément. Depuis février, une nouvelle application mobile prend le pari de copier ce modèle économique en le mariant avec le principe collaboratif.

Sur le papier, le jumelage HotelTonight et Airbnb donne naissance à l’offre hôtelière idoine pour le voyageur. Son nom? Overnight. Son concept? Permettre de réserver une chambre chez un particulier en réservant au tout dernier moment, avec la garantie d’une réponse avec proposition inférieure à une minute et la presque certitude de payer dans les 20% moins cher que sur HotelTonight. Disponible gratuitement sur iOS, l’application Overnight revendique l’accessibilité et l’encouragement à l’aventure spontanée comme valeurs fondatrices, mais son produit d’appel dépasse le champ du tourisme de loisir. Réserver pour le soir même en dernière minute peut clairement séduire les entreprises comme les indépendants pour des voyages d’affaires.

Service rapide

Si des fonds de capital-risque comme Accomplice et CrossCut Ventures ont déjà injecté 2,3 millions de francs dans la start-up californienne, c’est que le retour sur investissement s’avère prometteur. Opérationnelle sur Los Angeles, Austin et San Francisco, l’application augmente sa capacité d’hébergement de 150% par mois depuis mars dernier. Avec son temps de réservation moyen de 6 minutes, Overnight ose copier le modèle d’Airbnb en revendiquant deux particularités: pour l’hébergé, qui devra créer son compte via son profil Facebook, il n’y a pas besoin de réserver à l’avance; pour l’hébergeur, son offre reste privée et anonyme tant qu’il n’a pas approuvé la demande, en plus de le décharger de la lourdeur des contraires de calendrier.

Le nouveau venu dans le paysage de l’hôtellerie participative et numérique assume avec moins d’ostentation un autre avantage par rapport à Airbnb, celui de pouvoir sous-louer un espace sans que l’offre soit affichée et visible ouvertement sur le web. «Le fait qu’il soit possible de contrôler ses informations privées avant son approbation de la demande constitue un attrait pour tous ceux qui veulent louer un espace chez eux. Mais nous les encourageons à respecter leur bail et communiquer ouvertement avec leurs propriétaires», précisait fin mai dans le média Tech Crunch le cofondateur et directeur général Asher Hunt.

Avec comme slogan «Dans la spontanéité, nous croyons», paraphrase maquillée de la devise officielle des Etats-Unis («In God We Trust»), l’application croit moins dans la transparence sur son modèle économique. Elle refuse pour l’instant de communiquer sur sa commission, se contentant d’affirmer qu’elle est inférieure aux frais de service voyageur de 12% d’Airbnb. De la même façon qu’HotelTonight et son concurrent Hotwire ont su séduire les établissements hôteliers qui préfèrent accroître leur taux de remplissage quitte à louer des chambres au rabais, Overnight espère attirer les loueurs particuliers d’Airbnb qui se retrouvent avec un espace de disponible, parfois en dernière minute.


Lire aussi: 

Publicité