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Outre la photo, l’écran OLED de 6,1 pouces du P20 Pro est l’un de ses points forts.
© Lea Kloos

Test

Avec le P20 Pro, Huawei joue enfin dans la cour des grands

Le dernier-né d’Huawei est disponible en Suisse depuis vendredi. Le fabricant chinois propose d’intéressantes innovations en termes de photo. Notre test

Les fabricants de smartphones vont-ils succomber à «l’effet Gillette» qui consiste, de la même manière que Gillette ajoute toujours plus de lames à ses rasoirs, à incorporer plus d’objectifs photo à ses appareils? Le P20 Pro d’Huawei, disponible en Suisse depuis le 6 avril, totalise pas moins de trois appareils photo et compte sur la qualité de ses images pour convaincre les acheteurs potentiels. Nous avons pu en tester un exemplaire prêté par la marque.

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Ces dernières années, Huawei a proposé des smartphones de qualité honnête, sans jamais révolutionner le marché. Avec le P20 Pro, la firme de Shenzhen, deuxième fabricant derrière Samsung, pousse un smartphone haut de gamme qu’elle assure capable de rivaliser avec les cadors. Le tout pour 899 francs, soit moins que le S9 Plus ou l’iPhone X.

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Le design de la nouvelle gamme d’Huawei, complétée par le P20 et P20 Lite (non testés), frappe d’abord par sa ressemblance avec l’iPhone X. C’est beau, mais quel manque d’inspiration! Une encoche sur le bord supérieur de l’écran, des bords chromés… même la disposition des capteurs photo à l’arrière est strictement identique à celle d’Apple. Cela frise d’autant plus le ridicule que la marque a déjà produit des designs ex nihilo.

Du plastique aux airs de verre

Cette ressemblance oubliée, reste un très bel écran OLED de 6,1 pouces offrant d’excellents angles de vision et des couleurs naturelles, après quelques réglages. La face arrière est en plastique polycarbonate. On croirait vraiment à du verre, mais le fabricant lui a préféré ce plastique pour des raisons de coût et de solidité: il est bien plus résistant aux chutes. Comme le verre, il fait office d’aimant à traces de doigts. Le capteur d’empreintes digitales, plutôt véloce, est placé sur la face avant. Le P20 Pro est dépourvu de port microSD, mais est livré avec 128 Go de mémoire, une capacité confortable.

Ses entrailles sont garnies des derniers raffinements des smartphones haut de gamme de 2018: un microprocesseur Kirin 970, 6 gigaoctets de mémoire vive et une batterie imposante de 4000 mAh qui assure une autonomie d’un jour et demi à deux jours. Le P20 Pro est selon nous le meilleur sur ce point. Il est livré avec une paire d’écouteurs connectés en USB-C, absence de sortie audio mini-jack oblige, et c’est la dernière version en date du système Android qui est installée (Oreo 8.1), sur laquelle Huawei a greffé une surcouche logicielle sans grand intérêt, et reprenant – encore – les codes d’Apple. Agaçant.

Trois capteurs pour les gouverner tous

Mais la grande nouveauté de ce P20 Pro réside dans la partie photo, avec la présence de trois capteurs: une première dans le Landerneau des smartphones. Chacun est couplé à un objectif de marque Leica, avec diverses focales et ouvertures. De haut en bas, on trouve un capteur de 8 mégapixels avec téléobjectif autorisant un zoom optique 3x sans perte de qualité. Au milieu, le plat de résistance: un capteur colossal de 40 mégapixels (contre environ 12 sur la plupart des smartphones concurrents). Le dernier est monochrome et totalise 20 mégapixels.

Huawei a intégré dans son appli photo des algorithmes d’intelligence artificielle spécialisés en reconnaissance de formes pour décider à votre place des réglages optimaux. Il n’y a donc pas, et heureusement, à choisir tel ou tel objectif avant de prendre une photo. L’application peut par exemple reconnaître à la volée 19 objets (chat, assiette, portrait, fleurs…) afin de régler automatiquement les paramètres avant même que l’on presse le déclencheur. Elle applique aussi un traitement a posteriori.

Les résultats sont satisfaisants dans l’ensemble. Visionnées sur l’écran du P20 Pro, les photos sont très convaincantes. Hélas beaucoup moins lorsqu’on les examine sur un écran plus grand. Le traitement en fait souvent trop, en éliminant du bruit numérique ou en sursaturant les couleurs pour flatter l’œil. Mais comme 99% de nos photos sont vues sur le téléphone, est-ce vraiment un souci?

Le P20 Pro se débrouille très bien en basse luminosité avec une sensibilité qui monte à 6400 ISO. En mode nuit, l’obturateur reste ouvert 4 à 5 secondes pendant lesquelles il faut rester immobile pour capturer un maximum de lumière. Pas besoin de trépied pour éviter le flou: l’application s’occupe de traiter les données afin de produire la meilleure image possible. Une innovation particulièrement intéressante dont la concurrence devrait s’inspirer.

Après quelques jours passés à photographier avec le P20 Pro, une conclusion s’impose: ses photos rivalisent sans problème avec celles du S9 Plus, de l’iPhone X ou du Pixel 2. Parfois meilleures, parfois un peu moins bonnes selon les situations, elles écrasent en tout cas les images des autres appareils. Si l’on met de côté le design encore trop inspiré d’Apple, reste un très beau smartphone doté d’un superbe écran et d’une excellente autonomie. Briller en photo, avec son écran et sa batterie: ces trois points, sans doute les plus importants, font du P20 Pro l’un des meilleurs smartphones de l’année et d’Huawei un véritable concurrent à Samsung et Apple.

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