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Twint est avant tout employé pour se verser de l’argent entre amis. Car tous les points de vente ne sont pas équipés pour utiliser cette solution.
© Twint

Technologie

Le paiement par téléphone progresse à petits pas

Quelque 720 000 transactions sont effectuées chaque mois via la solution suisse Twint. Le service se diversifie mais n’est de loin pas encore utilisable partout

Jeudi matin de la semaine passée. Au moment d’aller acheter un café au lait et un croissant dans un grand kiosque du Flon, au centre de Lausanne, je me rends compte que j’ai oublié mon porte-monnaie chez moi. Je tente quand même ma chance. «Est-il possible de payer avec Twint?» «Ah non Monsieur, désolé», me répond d’un air contrit un employé du magasin. Tant pis. J’attendrai de croiser un collègue pour lui emprunter quelques pièces de monnaie.

A lire: «Twint est encore trop compliqué à utiliser»

En juin 2018, le paiement par smartphone ne s’est pas encore généralisé en Suisse. Le service ne suscite pas un engouement majeur. Et les limitations techniques sont encore bien présentes. Voilà pour le revers de la médaille. Mais de l’autre côté, jour après jour, Twint, Samsung Pay et Apple Pay progressent en Suisse, sans faire de bruit. La solution helvétique Twint a été téléchargée, depuis ses débuts, sur plus de 800 000 smartphones. Il y a un an, elle revendiquait une présence sur 550 000 téléphones. «Nos services sont de plus en plus utilisés, le nombre de points de vente où Twint est accepté augmente et le service s’enrichit de nouvelles fonctions», assure Thierry Kneissler, directeur de Twint.

Lire aussi: Twint atteint les 500 000 utilisateurs, mais Migros lui résiste encore

Surtout entre amis

Le service, qui avait été relancé en avril 2017 à la suite de la fusion avec Paymit, donne quelques chiffres sur son utilisation. «Entre 40 et 45% des clients de Twint l’emploient pour s’envoyer de l’argent entre eux, poursuit Thierry Kneissler. Les 40% paient dans des magasins via l’application et entre 15 et 20% des clients l’emploient pour régler des achats en ligne.» Le service compte 1500 à 2000 utilisateurs de plus chaque jour. Mais il ne dit pas quel est le nombre total d’utilisateurs réguliers – «Nous visons, à moyen terme, le chiffre d’un million», lance le directeur. Chaque mois, 720 000 transactions sont effectuées via Twint, soit plus du double par rapport au printemps 2017 (250 000).

Le taux d’adoption de Twint est plus rapide que celui des cartes sans contact à leurs débuts

Thierry Kneissler, directeur de Twint

Twint progresse. Mais pour l’heure, seule une minorité de Suisses est prête à l’utiliser. Selon un sondage publié en mars par Comparis, 3% des personnes interrogées sortent leur téléphone portable pour effectuer des paiements sans contact. Twint fait face à plusieurs concurrents: Apple Pay et Samsung Pay, le cash et bien sûr les cartes de crédit, qui permettent de payer sans contact encore plus facilement qu’avec son smartphone. «Ces cartes sont des concurrentes sérieuses, reconnaît Thierry Kneissler, mais le taux d’adoption de Twint est plus rapide que celui des cartes sans contact à leurs débuts. Notre service est disponible indifféremment sur iPhone et sur Android, et c’est la seule solution qui permette de débiter directement son compte bancaire plutôt qu’une carte de crédit.»

Lire aussi: «Twint vise un million d’utilisateurs d’ici un à deux ans»

Le directeur poursuit: «Notre solution intègre des cartes de fidélité et des coupons de réduction, ce que ni les cartes, ni le cash – notre plus grand concurrent – n’offrent. Nous devons vivre avec cette rivalité. Et nous voulons nous imposer comme une application beaucoup plus complète.».

Nombre limité de coupons

Pour l’heure, le nombre de ces coupons est limité: 20% de rabais sur les maillots du Mondial chez Ochsner Sport, 20 francs de rabais chez Haar-shop.ch et 15 francs chez Lehner Versand. L’offre est plus fournie pour les cartes de fidélité – il y en a près d’une centaine –, et la Supercard de Coop y est intégrée depuis le début. On n’y retrouve pas, par contre, la carte Cumulus de Migros, mais Twint peut être intégrée dans l’application de la Migros comme méthode de paiement depuis ce printemps. «Coop [promoteur historique de Twint, ndlr] et Migros possèdent leur propre application, permettant de payer, de profiter d’offres et d’accumuler des points, et cela ne pose donc pas de problème», assure Thierry Kneissler. Nous n’allons pas empêcher nos partenaires de proposer leurs propres applications.»

Twint a ainsi annoncé la semaine passée qu’il était désormais possible de payer chez Spar, The Body Shop, Toptip, Data Quest, Salt et Socar. Et sur internet aussi, sa présence s’étend. Sur Digitec.ch, Galaxus.ch et Starticket.ch, entre 5 et 10% des achats sont d’ores et déjà réglés via l'application. Au total, le service de paiement est disponible sur plus de 1500 boutiques en ligne. Twint vise aussi les petits commerçants en proposant, dès cet été, la possibilité d’accepter les paiements en scannant simplement un code QR.

Face à Apple et Samsung

La solution suisse fait face à deux concurrents similaires, qui eux aussi ont leurs limites: Apple Pay (disponible avec un nombre limité de cartes de crédit) et Samsung Pay (disponible uniquement sur des téléphones de la marque). Le groupe sud-coréen ne communique pas de chiffre pour la Suisse, se contentant de parler d’une «croissance régulière du nombre d’inscriptions». Samsung Pay peut être utilisé via les montres Gear S3 et Gear Sport, sans utiliser de smartphone. «Il sera bientôt possible de payer dans des magasins en ligne et au sein d’applications de partenaires locaux. Nous nous adaptons au mieux au besoin du marché suisse», assure un porte-parole de la société sud-coréenne.

Samsung revendique des avantages par rapport à Twint: son service est disponible partout où le paiement via la technologie NFC l’est – Twint n’utilise pas le NFC – et il est utilisable hors de Suisse – ce qui n’est pas possible pour Twint.

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