Planète Finance

La paix vue comme un investissement durable

Lancé à Genève en janvier, le Peace Fund encourage les multinationales à mener des actions stabilisatrices dans les pays fragiles

Depuis janvier, un fonds genevois investit dans la paix. Il ne s’agit pas de parier sur la baisse des actions des fabricants d’armes et de munitions dont les ventes auraient le plus baissé; le Peace Investment Fund cherche des entreprises cotées actives dans des pays fragiles et qui mènent des initiatives favorisant la stabilité de ces zones. Il peut s’agir d’un concepteur de logiciels de reconnaissance faciale qui refuse d’en vendre à un Etat autoritaire. Ou d’un vendeur de café qui soutient les petits producteurs d’une zone ayant connu la guerre, en leur achetant leurs grains dans la durée et à un bon prix.

D’autres caractéristiques sont plus basiques: avoir des politiques d’approvisionnement durables, des stratégies en ressources humaines inclusives, payer des impôts localement, etc. L’univers d’investissement est large, puisque le nombre de conflits violents a triplé depuis 2010 sur la planète. La clé de cette stratégie: l’engagement, dans deux dimensions.

Propositions concrètes

D’une part, ces entreprises se sont souvent engagées dans des traités internationaux comme le Global Compact des Nations unies, ou en faveur des 17 Objectifs de développement durable des Nations unies (la promotion de sociétés pacifiques est l’ODD no 16). «Si une entreprise agit de manière contraire à ces traités ou à ses engagements, elle risque d’être considérée comme complice de violation de droits de l’homme par exemple», explique Melchior de Muralt, le gérant du Peace Fund, lancé avec la fondation Peace Nexus, basée à Prangins (VD).

D’autre part, «nous expliquons à ces entreprises comment elles peuvent contribuer à la paix, en leur présentant des propositions concrètes. Cela nous permet de lancer un dialogue avec elles, en tant qu’actionnaires engagés», poursuit le financier, qui a été l’un des précurseurs de la microfinance à travers la société BlueOrchard notamment.

Parmi les sociétés en portefeuille se trouvent Johnson & Johnson, Nestlé ou Microsoft. Des actions en faveur de la paix peuvent ne représenter qu’un faible pourcentage des activités d’un grand groupe. «Mais ces actes positifs sont transversaux et influencent l’ensemble d’une entreprise; c’est un engagement de long terme», conclut Melchior de Muralt. Entre janvier et septembre, le Peace Fund a généré une performance de +2,1%.

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