Transports

Panalpina et DSV vont donner naissance à un géant de la logistique

L’entreprise suisse a accepté une offre de rachat de son concurrent danois portant sur 4,57 milliards de francs. La nouvelle entité pèserait 17,8 milliards de francs de revenus

Les investisseurs en salivaient depuis des mois. Le groupe de logistique bâlois Panalpina Welttransport passera finalement aux mains de son concurrent DSV, basé dans la banlieue de Copenhague. Après des mois de bras de fer, le groupe danois a graduellement remonté, entre mi-janvier et ce lundi, son offre de 170 à 195,80 francs par action. L’acquisition de la majorité des parts de Panalpina, coté à Zurich, devrait lui coûter 4,57 milliards de francs.

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Lundi en début d’après-midi, l’action du transporteur spécialisé notamment dans le gaz et le pétrole était en hausse de 15,5%, à 191,50 francs. Son dernier rebond comparable correspond à mi-janvier, lorsque les premiers rapprochements entre les deux sociétés avaient gonflé le cours de Panalpina de près de 28%.

Le marché attend le géant

Si le marché est si gourmand, c’est que l’accord permettrait de créer un géant de la logistique et du fret aérien. Actuellement numéro 5 mondial de ce dernier, le danois gravirait, grâce à cette acquisition, un échelon dans ce classement. Surtout, il s’offre le réseau et l’expertise de Panalpina dans le transport industriel et de produits inflammables.

Selon les projections du directeur exécutif de DSV, Jens Bjorn Andersen, la nouvelle entité – qui devrait prendre le nom de DSV Panalpina – se convertirait en troisième ou quatrième acteur mondial des services dits de transitaire, soit la liaison entre les différents transporteurs. Elle générerait des revenus de 17,8 milliards de francs à travers 90 pays et emploierait 60 000 personnes.

D’ordinaire fragmenté, le secteur est mis sous pression par le ralentissement des échanges internationaux, notamment depuis le début des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis.

L’alliance de routiers venue du Danemark

Alors que certains analystes ont pointé le «prix élevé» que paiera DSV, l’actionnaire minoritaire de Panalpina, Cevian, évoque, lui, un rapprochement «d’une grande pertinence industrielle». La hausse des volumes dans les activités cargos et containers devrait permettre à DSV – «Les routiers unis», son abréviation danoise – de réaliser des économies d’échelle tout en complémentant ses forces dans le transport terrestre.

La direction de DSV semble d’ailleurs décidée à profiter de cette phase de consolidation pour grandir le plus rapidement possible. Cet automne, elle avait déjà misé 1,5 milliard de francs pour tenter de s’emparer de Ceva Logistics. Sans succès: le groupe zougois est finalement passé dans le giron du transporteur maritime français CMA CGM.

Ce n’est qu’après cet échec que le groupe danois s’est tourné vers Panalpina. Alors que le bâlois perdait des parts de marché depuis quelques années, DSV se renforce depuis deux décennies à coups d’acquisitions. Il s’est d’abord emparé d’entreprises proches de son secteur d’activité: les transporteurs danois DFDS Dan Transport et allemand J.H. Bachmann. Puis il a complété son offre avec des spécialistes de la logistique: le néerlandais Frans Maas, le belge ABX Logistics ou, dernière acquisition en date, l’américain UTi Worldwide, complétée en 2016. Tous les chemins mènent à Copenhague.

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