Fiscalité

Les «Panama Papers» publiés sur le Web

Le consortium de journalistes met à disposition des internautes une partie de sa base de données lundi soir. Les informations relevant de la sphère privée ne seront pas diffusées

Les «Panama Papers» passent dans le domaine public. Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) publie dès lundi soir une partie des 11,5 millions de documents confidentiels provenant du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca. Une base de données qui devrait permettre de constituer un «registre du commerce transnational de l’évasion fiscale». L’essentiel en 5 points.

1. Qu’est-ce qui sera publié?

Dès 20h (heure suisse), une base de données avec moteur de recherche permettra d’obtenir des informations sur les 214 000 sociétés offshore créées par Mossack Fonseca et, quand les données le permettent, les noms de leurs vrais propriétaires. Les internautes pourront éplucher ces données et «visualiser les réseaux autour d’une centaine de ces entités», promet le consortium.

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2. Qu’est-ce qui n’y figurera pas?

Le consortium a promis «une publication prudente». Les données ayant été soigneusement triées au préalable. Les informations relevant de la sphère privée, comme les numéros de téléphone, les photocopies de passeport ou les correspondances privées ne seront pas accessibles via le moteur de recherche.

3. Avec quelles conséquences?

Dans un courrier daté du 5 mai, Mossack Fonseca a déjà menacé le consortium de journalistes d’entreprendre des «actions légales» en cas de publication des données, soulignant qu’il s’agit d’un «vol d’informations et une violation du traité de confidentialité entre client et avocat, que nous devons protéger». Le cabinet panaméen affirme avoir toujours agi dans le respect des réglementations. Les révélations des «Panama Papers», début avril, ont provoqué la démission du premier ministre islandais et du ministre espagnol de l’Industrie. Des enquêtes ont été ouvertes partout dans le monde, notamment à Genève.

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4. Faut-il s’attendre à de nouvelles révélations?

Dans son communiqué, l’ICIJ promet que les recherches «continuent» et que de nouveaux articles seront publiés «dans les semaines et les mois qui viennent». Les données diffusées en ligne élargiront la base de données du consortium qui disposait déjà de 100 000 noms de sociétés écrans révélés par les «offshore leaks» en 2013. La base de données devrait prendre des allures de «registre du commerce transnational des paradis fiscaux», explique Le Monde.

5. Et en Suisse?

Certains médias ont déjà renoncé à rendre publiques les données de Mossack Fonseca. C’est le cas du Matin Dimanche, qui indique dans sa dernière édition que 80% des sociétés offshore ne sont plus actives aujourd’hui. «Certaines ont été fondées à une époque où il n’existait encore aucune loi contre le blanchiment d’argent. […] De plus, il existe toute une série de raisons tout à fait légales d’utiliser de telles sociétés», justifie l’hebdomadaire.

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