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Le Campus Biotech à Genève fait partie du «hub» romand du Parc suisse de l’innovation.
© SALVATORE DI NOLFI

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Le Parc suisse de l’innovation veut attirer des multinationales

Le projet, qui a germé il y a dix ans, a été officiellement inauguré lundi. Il ne fait pas une entière unanimité

Le Parc suisse de l’innovation Switzerland Innovation, dont le concept a germé il y a dix ans, a officiellement été lancé lundi à Berne, au centre Paul Klee, en présence du président de la Confédération Johann Schneider-Amman. Le concept s’articule autour d’une nouvelle entité visuelle commune à cinq sites dédiés à la recherche et à l’innovation, à savoir le Park Basel Area à Allschwil (BL), le Park innovaare à Villigen (AG), le Park Zürich à Dübendorf (ZH), le Park Biel/Bienne ainsi le Park Network West EPFL à Lausanne. Le «hub» romand regroupe le parc de l’innovation à EPFL, le Biopôle à Epalinges, Microcity à Neuchâtel, Energypolis à Sion, Bluefactory à Fribourg et le Campus Biotech à Genève.

Alors que les parcs technologiques actuels soutiennent surtout les jeunes pousses, le Parc de l’innovation entend attirer en Suisse de grandes entreprises afin qu’elles y installent de nouveaux départements de recherche et développement. Johann Schneider-Ammann, conseiller fédéral en charge de l’économie, veut faire du pays l’un des meilleurs pour la recherche et l’innovation. «C’est ainsi que nous assurerons notre compétitivité sur le plan international, notre prospérité économique, ainsi que nos places de travail.»

«Switzerland Innovation constitue une marque faîtière qui nous permettra de faire du marketing international. La Suisse, espace d’innovation, se doit de réunir et de combiner ses forces et de communiquer à l’externe d’une seule et même voix afin d’attirer des multinationales étrangères, a précisé Raymond Cron, directeur de la fondation du Parc suisse de l’innovation. Nous travaillerons en collaboration avec les services de promotions économiques exogènes.» Aucun objectif à atteindre n’a toutefois été révélé. «Le vrai travail reste à faire, a averti Johann Schneider-Ammann. Il s’agira de montrer ces prochaines années que le projet représente davantage que de belles paroles.»

Le Parc suisse de l’innovation et ses cinq sites ont désormais une entité visuelle commune. Concrètement, est-ce que cette nouvelle entité changera quelque chose pour les structures déjà existantes? «Cela nous permettra de nous présenter à l’étranger sous une seule identité et nous pourrons mieux partager nos idées», a noté Adrienne Corboud Fumagalli, vice-présidente pour l’innovation et la valorisation de l’EPFL. «Il s’agit d’une initiative pour aller dans le même sens», estime, pour sa part, Benoît Dubuis, directeur du Campus Biotech.

En revanche, le projet a fait grincer les dents de quelques invités, présents hier à Berne. Certaines régions comme le Tessin ont été délaissées ou St-Gall a été écarté en faveur de Bienne. D’autres voient dans ce projet une opération de valorisation immobilière. «Pour attirer des sociétés, il faut essentiellement mettre en avant nos groupes de recherches et non pas un parc immobilier à Dübendorf», fait remarquer pour sa part, Jean-Luc Mossier, directeur de la promotion économique du canton de Fribourg.

Le projet du Parc suisse de l’innovation occupe les Chambres depuis 2008. À l’origine, il s’agissait en effet de trouver un nouvel usage aux terrains de l’ancien aérodrome militaire de Dübendorf, dans le canton de Zürich, soit 70 hectares ou 700 000 m2. Le conseiller aux États Ruedi Noser (PLR/ZH) a eu l’idée de valoriser ce terrain en immense campus de l’innovation. Ce projet a finalement attiré plusieurs cantons. Le Conseil des États a accepté de libérer un crédit de 350 millions de francs en sa faveur, montant qui doit servir à des cautionnements qui préfinanceront des infrastructures de recherche, mais pas à la construction de bâtiments. Ces prêts seront gérés par l’organisation faîtière du parc, à savoir la fondation Switzerland Innovation, entièrement financée par dix-neuf entreprises privées, notamment Swiss Life, Nestlé, Zürich, SwissRe, Novartis, Swisscom, Roche, La Mobilière, Credit Suisse, Holcim, UBS ou Swissmem et présidée par le conseiller aux États Ruedi Noser (PLR/ZH).

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