Une équipe d’ingénieurs en Suisse romande finalise un véhicule qui prendra part, le 6 mai prochain, à l’Eco-marathon de Lausitz en Allemagne. Pour ce concours d’efficacité énergétique, ce n’est pas la vitesse qui prime mais la consommation énergétique. L’objectif est de construire un véhicule permettant de parcourir la plus grande distance possible avec seulement un litre de carburant. «L’Eco-marathon veut encourager le développement de solutions écologiques à la mobilité de demain», souligne Thierry Robert, professeur et responsable du laboratoire de machines thermiques et hydrauliques à la Haute Ecole Arc Ingénierie de Neuchâtel-Berne Jura.

La consommation est mesurée sur huit tours de circuit, effectués à une vitesse moyenne de 30 kilomètres/heure. L’équipe de l’Arc jurassien, qui participe à l’Eco-marathon depuis 2003, sera la seule à représenter la Suisse parmi les quelque 200 équipes venues de toute l’Europe et de l’Afrique.

«Nous souhaitons présenter deux véhicules. Le même prototype que l’année passée, un véhicule dénommé Consomini ainsi qu’une voiture à quatre roues dans la catégorie urban concept», précise Thierry Robert. Nous améliorons le profil aérodynamique de Consomini ainsi que la performance de son moteur.» Les deux véhicules ont la particularité d’être très légers (30 kilos pour Consomini et 80 kilos pour la voiture urbaine), poids résultant de l’utilisation de matériaux composites. L’assemblage des pièces et la réalisation de structures, directement inspirés de l’aéronautique, en diminuent également le poids. «Nous travaillons avec des nouveaux revêtements de matériaux pour diminuer au maximum les frottements et accroître les rendements», précise Thierry Robert.

La manière de conduire, énergétiquement correcte, a également permis au groupe de recherche de figurer dans le haut du classement l’année dernière. «Nous avons développé des modèles mathématiques pour utiliser le véhicule le plus rationnellement possible. Un ordinateur, embarqué donne des indications de conduite.» Grosso modo, il s’agit d’accélérer pendant huit secondes pour atteindre une vitesse de 40 kilomètres/heure. Puis, de couper le moteur. «Grâce au design aérodynamique et aux roues offrant le minimum de résistance, on passe à 25 kilomètres/heure après trois minutes. Puis, un nouveau coup d’accélérateur doit être donné pour atteindre une vitesse moyenne de 30 kilomètres/heure.»

Quarante étudiants

En 2009, le véhicule de l’Arc jurassien avait terminé en cinquième position dans la catégorie moteurs à essence et douzième dans l’absolu, face à des véhicules à pile à combustible apparemment avantagés, selon Thierry Robert, par le mode de calcul de l’équivalence énergétique. Près de quarante étudiants à la Haute Ecole Arc Ingénierie travaillent sur ce projet. Il s’agit d’ingénieurs en mécanique, en électronique, en informatique, en microtechnique et également des ingénieurs designers.

Record détenu par l’EPFZ

Alors qu’en 1985, date de la première compétition européenne, tous les véhicules participants à la compétition roulaient avec de l’essence, en 2009, soixante-quatre des 202 équipes de toute l’Europe avaient privilégié les énergies alternatives: biocarburants, énergie solaire, hydrogène. En 1939, date de la première compétition de ce type, le vainqueur avait parcouru 21,14 kilomètres avec un litre de carburant. Le record actuel, détenu par l’EPFZ, est de 3836 kilomètres, soit deux fois la distance Berlin-Moscou ou une consommation de 0,026 litre par 100 kilomètres.