Au cœur des marchés

Paré pour la volatilité?

CHRONIQUE. Face aux risques de guerre commerciale et à la nouvelle normalisation des banques centrales, un examen du positionnement des portefeuilles est essentiel

La Banque centrale européenne (BCE) a réussi à annoncer le tapering (ralentissement) de ses rachats d’obligations sans déclencher de bouleversement majeur. Son ton vague quant à l’échéance de cette réduction explique probablement cette atonie des marchés: le tapering ne devrait démarrer qu’au quatrième trimestre. Ou plus tard, si la conjoncture se révèle défavorable.

De surcroît, son premier tour de vis n’est pas prévu avant la fin de l’été prochain, une information accommodante qui a initialement fait reculer l’euro. En se positionnant de la sorte, la BCE est passée d’un ciblage de l’inflation pur à une surveillance des données plus vaste, ce qui alimente bien entendu la volatilité. Quoi qu’il en soit, il est peu probable que la suppression globale des conditions monétaires arrangeantes sème le trouble parmi les marchés mondiaux.

Reprise robuste pas exclue

En attendant, les données sur l’activité de la zone euro risquent de rester faibles pendant un certain temps encore, mais les sondages et les indices de surprises se redresseront probablement plus tôt. Une reprise robuste de l’activité européenne n’est pas exclue, étant donné que les conditions monétaires devraient s’être récemment assouplies.

Au fil du temps, le revirement de la politique de la BCE fera probablement grimper les rendements des emprunts d’Etat de la zone euro et rétrécir le différentiel de rendement avec les Etats-Unis, ce qui profitera en dernier ressort à la monnaie unique.

De son côté, le dollar bénéficie aujourd’hui du soutien de différentiels de taux d’intérêt inhabituellement élevés. Mais sa valeur actuelle découle certainement aussi de la grande faiblesse des rendements du Bund allemand. Les mêmes données financières dans un contexte différent affaibliraient le billet vert à cause de l’important déficit commercial grandissant des Etats-Unis ainsi que de la vigueur des exportations de la zone euro.

Gare à la surenchère de représailles

D’un point de vue macroéconomique, les taxes douanières annoncées jusqu’ici ne sont pas encore significatives sur le plan économique. Mais une surenchère de représailles pourrait avoir un impact bien plus néfaste, avec un risque de ralentissement de plus de 0,5% de la croissance du produit intérieur brut mondial.

Les tensions commerciales seront probablement résolues au moyen de négociations qui permettront de se recentrer sur la vigueur de la croissance économique et des bénéfices. Il n’en reste pas moins que, face à la vulnérabilité croissante et à la nouvelle normalisation des banques centrales, un examen du positionnement des portefeuilles est important à des fins de gestion du risque. Parallèlement, les tensions géopolitiques nécessitent une diversification encore plus prononcée à travers les classes d’actifs et les régions.

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