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Des parents qui se muent en entrepreneurs pour mieux combler les désirs de bébé

Plusieurs PME romandes ont vu le jour. Certaines exportent dans le monde entier, à l’exemple de Milo & Lilirose ou de Claessens’Kids

Ils étaient enseignant, gestionnaire de fortune, directeur commercial ou cadres dans des multinationales. Lorsqu’ils sont devenus parents, ils ont constaté que certains produits ou services faisaient défaut ou ne répondaient pas aux besoins de leur progéniture. Pour combler ces lacunes, ils ont décidé d’exploiter commercialement leur idée et de lancer leur propre société depuis la Suisse romande.

Ex-responsable de marque chez Gucci, Patricia Botteron-Roduit s’est découvert une passion pour l’univers de bébé lors de la naissance de son premier enfant. Elle s’est associée à la styliste Lorella Glaus pour créer la marque de vêtements et accessoires Milo & Lilirose et fonder en 2010 la société BG Design à Genthod (GE). Ces habits et plaids de luxe, qui ont pour originalité d’intégrer une petite peluche, sont déjà distribués dans plusieurs enseignes en Suisse, à l’exemple d’Ausoni ou du Bon Génie. La société, qui sous-traite la confection de ses modèles en Roumanie et en Italie, travaille avec plusieurs distributeurs en Belgique, en France, en Russie, aux Etats-Unis, au Mexique et au Moyen-Orient. «La marque sera bientôt distribuée en Grande-Bretagne et en Asie où il y a une forte demande vis-à-vis des produits de luxe européens destinés aux enfants», constate Patricia Botteron-Roduit. Des boutiques Milo & Lilirose pourraient même y voir le jour.

C’est en goûtant les petits pots «immangeables» de sa fille que Katherine Gubbins, ex-professeure de yoga, décide de créer une nouvelle gamme de compotes de fruits bio sans sucre, sans gluten ni agents conservateurs. Elle fonde en 2011 la société Goodness Gracious Foods à Eysins (VD), mandate des usines en Ecosse et au Pays de Galles pour la fabrication et parvient à convaincre plusieurs distributeurs en Suisse. Aujourd’hui, les compotes de Katherine Gubbins sont vendues chez Manor, Sunstore et différents magasins diététiques en France et bientôt en Italie. «Actuellement, nous vendons quelque 4000 compotes chaque mois. Nous avons des contacts avec des distributeurs en Chine et en Inde», précise Katherine Gubbins, qui prévoit d’introduire de nouvelles recettes, notamment à base de légumes.

Père de six enfants et ancien directeur commercial d’une fabrique de peinture pour bâtiment, Vincent Claessens a créé il y a dix ans la société Claessens’Kids . C’est en voyant que son fils se levait trop tôt le matin qu’il a développé un nouveau concept de réveil pour enfants en bas âge. Un petit lapin endormi indique quand il fait nuit. Puis, à l’heure programmée par les parents, c’est la partie jour qui s’illumine et qui dévoile un petit lapin actif, indiquant à l’enfant qu’il peut désormais se lever. Fabriqué en Asie, le réveil de la société Claessens’Kids, à Aubonne, se vend désormais dans toute l’Europe et aux Etats-Unis. Réalisant un chiffre d’affaires de près de 2 millions de francs, la petite entreprise doit sans cesse innover et sortir de nouveaux produits auxquels la concurrence n’a pas pensé. Elle vient de finaliser un modèle qui permet à l’enfant de savoir si l’heure de réveil approche. «La lune se couche petit à petit, précise Vincent Claessens. Je planche désormais sur une torche pour enfants ainsi qu’un nouveau type de sac à langer.»

Ex-enseignante et maman de deux enfants, Hind Vignon a lancé Expo Junior à Palexpo. Une première édition qui a réuni du 26 au 28 avril une centaine d’exposants – des professionnels du monde de l’enfance. Quelque 5000 personnes, enfants pour la plupart, ont participé aux divers ateliers proposés et ont pu assister à différents spectacles. «Il m’a fallu environ deux ans pour mettre un tel concept en place», explique Hind Vignon, qui s’est inspirée d’expositions similaires qu’elle avait découvertes dans des grandes villes européennes avant de lancer son concept à Genève et de créer la société Vecprod. «L’événement permet de générer plusieurs centaines de milliers de francs», glisse sa directrice qui a su convaincre des sponsors tel UBS.

«Il y a une forte demande en Asie pour les produits de luxe européens destinés aux enfants»

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