PARTICIPATION

Pargesa pourrait encore se renforcer dans le cimentier Lafarge

Via GBL, la société genevoise disposera le 1er juillet de 4,5 milliards d'euros de liquidités, qui lui permettront de dépasser les quelque 10% déjà détenus dans le groupe français.

La Bourse de Zurich a bien accueilli vendredi la sortie de Pargesa de Bertelsmann. Le titre de la société basée à Genève a terminé la séance à 117,20 francs, soit un gain de 2,8% proche de celui du Swiss Market Index.

Annoncée la veille, alors que la place boursière suisse était fermée, la vente des 25% du groupe de médias allemand détenus via le Groupe Bruxelles Lambert (GBL) permet à Pargesa de réaliser une bonne opération financière, selon les analystes. Les 4,5 milliards d'euros (7 milliards de francs) ainsi récoltés valorisent Bertelsmann à 18 milliards d'euros, soit le haut de la fourchette estimée par Lombard Odier Darier Hentsch (LODH). Daniel Bürki, de la Banque cantonale de Zurich, évaluait même l'allemand à seulement 16,1 milliards d'euros.

En outre, GBL inscrit dans ses comptes cette participation désormais dans les mains du seul propriétaire de Bertelsmann, la famille Mohn, à un peu plus de 2,6 milliards d'euros, indique la société belge. La cession permet donc de dégager une plus-value financière de près de 2 milliards. Un montant que d'aucuns contestent cependant. Vendredi, le Wall Street Journal écrivait que les actions RTL échangées en 2001 contre les titres Bertelsmann valaient alors 4 milliards d'euros.

Reste que le 1er juillet, GBL, et indirectement Pargesa, disposeront d'une importante somme... à investir. Mais dans quoi? La société se refuse à tout commentaire, comme à son habitude.

Fin de décote boursière?

«Je doute qu'ils s'engagent dans un programme de rachat d'actions», avance Daniel Bürki. Pour l'analyste, «Lafarge fait partie des candidats à l'investissement de l'argent récolté». Depuis le mois de janvier, Pargesa monte en puissance dans le cimentier français. En quelques mois, il a acheté plus de 10% du capital. Fidèle à sa stratégie, Pargesa investit dans très peu dans d'entreprises, mais dans des proportions importantes. A côté de Lafarge, elle contrôle 3,8% de Total, 7,2% de Suez et 53,4% d'Imerys et 100% du Suisse Orior. «Ils ont certainement une petite liste de sociétés dans lesquelles investir», suppose Daniel Bürki.

La cession des titres Bertelsmann, dont la valorisation faisait débat, pourrait profiter à l'action Pargesa. Comme le relève dans une note l'analyste de LODH, le portefeuille contrôlé par la société suisse ne contiendra plus que des entreprises cotées, à l'exception d'Orior, mais qui ne représente que 2% dans sa valeur totale. «On ne voit donc pas de raison fondamentale justifiant la décote actuelle de 20% de l'action par rapport à sa valeur nette d'inventaire.»

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