«Singapour est probablement le pays qui avait le moins besoin d'apprendre de la crise, mais qui en a le plus tiré de leçons!» Pour Richard Jones, chef de la recherche de Barings à Singapour, venu à Genève lors d'une conférence vendredi, la culture des entreprises singapouriennes est en train de changer vers un plus grand souci de la valeur actionnariale, des retours sur fonds propres et des dividendes. Si les secteurs qui illustrent le mieux ce changement sont ceux de la banque et de l'électronique, toutes les compagnies ne sont pas à prendre. «Il faut se concentrer sur celles qui offrent le plus ces caractéristiques», estime Richard Jones.

«Les thèmes principaux des banques sont la restructuration, la gestion du capital et la valeur actionnariale», poursuit Tay Chin Seng, analyste des banques à Singapour. Depuis que le paquet de réformes a été lancé en mai en vue de libéraliser le secteur, la banque centrale de Singapour (Monetary Authority of Singapore) a fait de gros efforts pour séparer les actionnaires du management, qui sont fréquemment les mêmes personnes. Les banques devront également faire des efforts pour réduire leurs excès de capitaux, soit en les investissant dans des fusions ou acquisitions, soit en les retournant aux actionnaires sous forme de dividendes.

En ce qui concerne l'électronique, c'est le domaine de la sous-traitance qui connaît encore le plus de croissance, en raison de son potentiel de développement dans le commerce électronique. Mais comme le précise David Toh, analyste de l'électronique chez Barings à Singapour, «ce n'est pas le commerce électronique comme nous l'entendons habituellement, entre secteur privé et consommateurs. Car avec seulement 4 millions de consommateurs à Singapour, la taille du marché est très réduite.» Mais le commerce électronique d'entreprise à entreprise, et plus particulièrement celles avec de longues chaînes d'approvisionnement comme l'électronique, la logistique ou même les hôtels. A titre d'exemple: si les compagnies clientes affichaient continuellement leurs besoins sur Internet aux producteurs de composants électroniques, le problème de surplus de production serait moindre. Par ailleurs dans la logistique, toutes les formes de capacités fixes non remplies entraînent des coûts (hôtels non remplis, camions qui reviennent vides de chargement sur de longs trajets). En publiant sur Internet ces capacités non remplies, dont les clients ne sont généralement pas au courant, les compagnies augmenteraient leur efficacité et réduiraient leurs coûts fixes. Finalement, la publication des offres compétitives de contrats se fera de plus en plus par Internet, dans le but d'aider les entrepreneurs.

A. N.