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Station F, incubateurs de start-up à Paris, a fêté sa première année d’existence.
© BERTRAND GUAY/AFP PHOTO

International

Comment Paris conquiert les start-up

Station F, l’incubateur conçu par le milliardaire Xavier Niel, fêtait mercredi sa première année d’existence. Un anniversaire à succès

C’est peut-être la marque d’un succès qui le dépasse dans tous les sens du terme: au premier anniversaire de Station F, Xavier Niel était le seul, mercredi, à porter un costume et à parler français.

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Difficile, il est vrai, de présenter des résultats traditionnels dans cette arène parisienne dévolue aux start-up, près de la Seine, où tout est question d’image, de marketing, de slogans et de vocabulaire branché. La jeune patronne du site, Roxanne Varza, 33 ans, s’est donc exprimée en anglais, sur fond de musique groove, en multipliant les «amazing», «fantastic» et autres expressions supposées incarner la «formidable réussite» engendrée par cet incubateur.

Au total, 11 271 candidatures ont été reçues pour 1034 start-up retenues, dont 232 ont réussi en douze mois à lever 250 millions d’euros. Avec, en prime, un superbe succès touristique pour la zone de restauration «Big Mamma», qui ne désemplit pas depuis son ouverture en mai. Avec un an de retard…

250 millions d’euros

En réhabilitant cette ancienne gare de marchandises du quartier d’Austerlitz pour plus de 250 millions d’euros, Xavier Niel désirait envoyer au monde un message clair: la France est attractive. Pari gagné, avec l’aide d’Emmanuel Macron dont, selon un sondage maison, 86% des employés des start-up de Station F pensent «qu’il a changé l’image de l’Hexagone». Les deux tiers des candidatures venaient de la France, suivies par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Chine et l’Inde. 43% des résidents de Station F sont des ingénieurs, techniciens ou programmateurs. 31% sont davantage versés dans le marketing. Nuance toutefois, et preuve que les opportunités d’emploi restent limitées dans le bassin parisien pour ces startupers mondialisés: 39% n’ont pas perçu de salaire durant leur année passée à Station F.

Xavier Niel, lui, ne cachait pas son plaisir. Ces derniers mois, le magnat de l’internet, fondateur d’Iliad, la holding du groupe Free, a accumulé les déconvenues financières. La baisse des abonnements a entraîné, en mai, une chute de 15% du titre Free en bourse. La direction du groupe, dans la foulée, a été remaniée. Alors? «Station F lui a, depuis son ouverture, toujours remonté le moral, confie en souriant une de ses collaboratrices. Il aime venir ici pour l’ambiance. Pour la créativité. Parce que, aussi, tout aurait pu dérailler…»

Plaintes des riverains

L’intégration de l’incubateur de start-up de 34 000 mètres carrés, adossé aux voies ferrées et au nouveau quartier de la Bibliothèque François Mitterrand, reste d’ailleurs compliquée. Plaintes des riverains en raison du bruit. Obstacles bureaucratiques que le soutien de la maire de Paris, Anne Hidalgo, n’a pas toujours permis de lever: «On a le modèle, explique Xavier Niel au Temps. Il est convaincant. Il faut maintenant qu’il essaime.»

Du côté de l’équipe dirigeante de Station F, et du Ministère français du numérique, l’exemple du campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne est souvent cité pour l’apport de la recherche aux start-up. Or plusieurs universités, dont Paris Diderot, se trouvent dans les parages de Station F. L’année 2 de l’incubateur – où l’ancien président François Hollande a installé sa fondation «la France s’engage» – devra aussi investir pour aider les jeunes entrepreneurs à surmonter ce qui est, selon eux, la première difficulté en France: l’accès au financement.

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