Une stérilisation des moustiques pour éviter qu’ils ne transmettent le virus Zika, des cuillères spéciales pour des malades de Parkinson, des lentilles de contact pour mesurer le glucose… Autant de domaines dans lesquelles Alphabet, la maison mère, de Google, est active. Et ces investissements dans de nouveaux marchés commencent à payer. Que ce soit via sa filiale Verily, active dans la santé, ou Nest, pour les objets connectés ou encore la fibre optique, la multinationale voit ses revenus augmenter dans sa division baptisée «autres paris».

Pour l’heure, ces revenus sont infimes – exactement 1% – par rapport à ceux d’Alphabet dans son ensemble. Ainsi, selon les chiffres publiés dans la nuit de jeudi à vendredi, les «autres paris» ont rapporté 262 millions de dollars à la holding, à comparer avec les 25,8 milliards dégagés par Google via la publicité. Mais le chiffre progresse: en un an, le chiffre d’affaires des «paris» est passé de 150 à 262 millions et pour l’année entière, la progression a été de 82% à 809 millions. Les «paris» rapportent davantage et les pertes nettes qu’ils génèrent sont en baisse – pour le dernier trimestre, le montant a été de 1,1 milliard, soit 100 millions de moins qu’un an auparavant. A titre de comparaison, au niveau global, Alphabet a réalisé pour 2016 un chiffre d’affaires de 90,3 milliards (+20%) pour un bénéfice de 19,5 milliards (+23%).

«Une gestion prudente»

Engagée en mai 2015 pour maîtriser les investissements du groupe, la directrice financière Ruth Porat a tenu à rassurer les actionnaires: Alphabet «va exercer une gestion prudente des montants et du rythme des investissements». Sous son influence, le groupe vient d’annuler son projet de diffuser Internet via des drones, a réduit les ambitions de sa division fibre optique et a créé une entité séparée pour les voitures autonomes. En parallèle, les autres paris progressent. Cette semaine, la filiale Verily a vu l’injection de 800 millions de dollars de la part du fonds souverain singapourien Temasek. Et mi-janvier, la filiale Nest, spécialisée dans les objets connectés, a étendu son réseau de vente en Allemagne, en Autriche, en Italie et en Espagne.

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En parallèle, un autre secteur progresse très vite: celui du «cloud» (informatique en nuage). «Notre activité dans le cloud affiche une hausse impressionnante» a affirmé Sundar Pichai, directeur de Google. Le groupe loue de plus en plus de capacité de stockage et de calcul à des clients. Le «cloud» fait partie d’une autre division d’Alphabet, simplement appelée «autres revenus». Cette division, qui comprend aussi les ventes de téléphones – Google mise beaucoup sur son smartphone Pixel – a vu son chiffre d’affaires exploser de 62% à 3,4 milliards.

A 87% dépendant de la publicité

Selon Ruth Porat, le «cloud», les appareils et les abonnements à YouTube pourraient être «des axes de croissance majeurs pour le groupe ces prochaines années». C’est pour cela que la multinationale investit dans des centres de données, comme Amazon et Microsoft. Sur le seul quatrième trimestre, ces dépenses se sont élevées chez Alphabet à 3,1 milliards de dollars, soit un milliard de plus en un an.

La progression de ses activités hors du métier de base qu’est la publicité se fait ressentir au niveau global. Il y a un an, la publicité générait 90% du chiffre d’affaires de la holding. Désormais, cette proportion a reculé à 87%.


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