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Janet Yellen a quitté la Fed en février dernier.
© Michael Dwyer/AP Photo ©

Politique monétaire

A Paris, Janet Yellen évite soigneusement d’évoquer Donald Trump

L’ancienne responsable de la Réserve fédérale s’est exprimée lors d’une conférence sur les risques qui pèsent sur le système financier. Le tout en omettant de citer le nom du président américain

Cinquante minutes de discussion sur l’économie américaine sans citer une seule fois le nom de Donald Trump. Tel a été le tour de force de Janet Yellen, invitée star d’une conférence organisée par la société de gestion Amundi jeudi à Paris. L’ex-présidente de la Réserve fédérale (Fed), institution qu’elle a quittée en début d’année, préférait peut-être ne pas s’étendre sur le président américain qui a choisi de ne pas reconduire son mandat, qui l’a aussi violemment critiquée pendant sa campagne, avant de la considérer comme «épatante».

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Il faut dire aussi qu’elle a été aidée par la personne chargée de mener l’entretien, le responsable des investissements d’Amundi, Pascal Blanqué, qui se préoccupait davantage de questions techniques que de l’actualité pourtant brûlante. Dans ce qui ressemblait surtout à un cours d’économie, celle qui a depuis rejoint le think tank Brookings Institution a néanmoins glissé quelques références, ici et là, à la politique de la Maison-Blanche. C’est ainsi qu’elle a listé, quoique de façon plutôt évasive, la guerre commerciale qui se joue entre les Etats-Unis, la Chine et l’Europe, parmi les risques pesant sur l’économie mondiale. Une remarque qui n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux.

Chocs possibles

«Le système financier est plus solide qu’avant 2008 et nous sommes mieux armés si une crise survenait», a assuré Janet Yellen, citant la réglementation, les exigences de capital et de liquidité et les outils pour gérer les institutions d’importance systémique. Nous ne devrions pas voir une crise de l’ampleur de celle de 2008, a-t-elle ainsi continué. Mais cela ne signifie pas que les risques sont inexistants – comme celui d’un retour de l’inflation –, ni les chocs impossibles sur les marchés, notamment sur l’obligataire. Il faut également s’inquiéter de la stabilité de la dette mondiale, en particulier dans le contexte du vieillissement de la population, a-t-elle ajouté.

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Concernant la politique monétaire, Janet Yellen a souligné que les taux d’intérêt sont entrés dans une situation de «nouvelle normalité». Leur niveau d’équilibre est désormais «plus proche de 1% que de 2 à 2,5% comme c’était le cas auparavant». Le fait que les taux restent plus bas que dans leur moyenne historique explique aussi pourquoi, à son avis, les marchés actions sont correctement valorisés.

Revenant à ses «clins d’œil» à Donald Trump, l’ex-présidente de la banque centrale américaine a rappelé qu’«il y a toujours eu des menaces sur l’indépendance de la Fed, aucune ne s’est concrétisée, mais cela doit rester un sujet de préoccupation pour les participants au marché». Ce, avant d’estimer que la politique de relance du gouvernement américain devrait, à son avis, avoir un impact limité sur la croissance. Toujours, évidemment, sans mentionner son instigateur.

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