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La vitrine d'autolib', Paris 2018.
© Benoit Tessier/Reuters

Mobilité

Paris en panne de voitures électriques

L’expérience Autolib' menée depuis 2011 par le groupe Bolloré a viré au fiasco économique. Paris et les communes périphériques ont résilié le contrat jeudi

Une mauvaise nouvelle de plus pour le groupe Bolloré. Et un signal d’alarme sérieux sur la viabilité économique du tout-électrique dans les grandes métropoles européennes. En résiliant, jeudi, le contrat qui les liait depuis 2011 au milliardaire breton Vincent Bolloré pour la fourniture et l’alimentation de voitures électriques – Autolib' – dans la capitale française et sa banlieue, les élus de Paris et d’une centaine de communes périphériques ont littéralement «tiré la prise».

Un échec délicat

Devant l’accumulation des pertes financières, le groupe Bolloré exigeait une subvention de plus de 200 millions d’euros de la part des collectivités pour maintenir en circulation les 4000 véhicules en libre-service utilisés par environ 150 000 abonnés. Un retournement complet de situation. Mis en place sans aides publiques, le programme Autolib' devait théoriquement dégager des bénéfices à partir de 2017.

Pour Vincent Bolloré, l’échec cinglant d’Autolib' s’annonce d’autant plus délicat à gérer que sa propre fille, Marie Bolloré, en assumait la direction. Interrogée sur France Info mercredi, celle-ci avait anticipé la résiliation du contrat, imputant la dérive financière des voitures électriques à la concurrence croissante de nouveaux moyens de mobilité à Paris et en banlieue, comme les différentes offres de vélos ou l’introduction de scooters électriques en libre-service, de plus en plus populaires. La réalité tient pourtant davantage aux erreurs de prévisions, et à l’incapacité du groupe Bolloré à faire face à l’inflation des coûts de maintenance.

Défis logistiques

L’abonnement mensuel à 10 euros, complété par une location facturée 9 euros la demi-heure, ne compensait pas les surcoûts liés aux ennuis mécaniques des «Bolloré Bluecar», ces petites voitures de quatre places conçues par le fabricant français de batteries Batscap, possédé à 80% par le groupe français en partenariat avec EDF. L’autre erreur – preuve de la difficulté de rentabiliser ces offres de véhicules en partage – est venue du plafonnement des abonnements, faute de voitures disponibles, et des difficultés logistiques liées à l’utilisation des bornes de recharge électriques par des automobilistes tiers. De plus en plus de places réservées se retrouvaient en effet occupées par des voitures d’autres marques, les municipalités ayant insisté pour que ces bornes ne soient pas réservées aux véhicules Bolloré.

Le magnat breton va maintenant devoir revendre aux villes concernées son parc de bornes d’alimentation, et sa flotte de véhicules dont les batteries au lithium sont produites dans une usine de son groupe dans le Finistère. Ce qui présage des tractations houleuses, à moins de deux ans des élections municipales du printemps 2020.

Les municipalités, de leur côté, devront choisir entre l’abandon pur et simple de ce programme ou des solutions de remplacement. Un problème supplémentaire pour la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo, chantre des nouvelles mobilités et du rejet des voitures hors de la capitale, mais confrontée depuis des mois au difficile et coûteux remplacement des Vélib', les vélos en libre-service dont la concession a été retirée voici un an au groupe Jean-Charles Decaux. Son remplaçant, l’entreprise Smovengo, a depuis lors connu une série d’incidents qui ont fâché les usagers.

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