Fini le parcours en RER de banlieue bondé vers l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, ou en bus à partir de la Gare de Lyon? Oui, mais en… 2024. Il faudra donc encore attendre sept ans pour que la desserte ferroviaire directe du deuxième aéroport européen (après Londres Heathrow) permette enfin aux visiteurs étrangers de rejoindre en 35 minutes la capitale française dans des trains spécifiques, conçus pour accueillir leurs valises et sans arrêts jusqu’aux principales gares.

La construction du futur «CDG Express» s’intègre dans le chantier du «Grand Paris» dont les travaux commencent ces jours-ci. Le budget total prévisionnel de cette transformation des abords de la capitale s’élève à 28 milliards d’euros, mais la France est coutumière des dépassements. Le budget de la rénovation du Forum des Halles, inaugurée en avril dernier en plein centre de Paris et symbolisée par la nouvelle canopée, a ainsi dépassé le milliard d’euros soit 30% de plus que prévu.

L’idée d’une liaison directe entre l’aéroport de Roissy (inauguré en mars 1974) et Paris n’est évidemment pas nouvelle. Le choix avait néanmoins été fait jusque-là de donner la priorité aux dessertes de banlieues. Et la gare de l’aéroport – qui reçoit aussi les TGV – ne permet pour l’heure que de connecter avec la ligne B du RER entre Charles de Gaulle et Saint-Rémy-lès-Chevreuse, via la gare du Nord, Châtelet, Saint-Michel et Port Royal.

La durée actuelle du voyage est d’environ une heure au départ du centre de Paris, en comptant les problèmes d’accès puis la nécessité, une fois arrivé à l’aéroport, de prendre parfois la navette entre les différents terminaux. Une autre option, au départ de la Gare de Lyon pour les trains en provenance de Suisse, consiste à prendre les bus-navettes qui desservent les aéroports de Roissy au nord et Orly au sud.

Objectif JO 2024

Le projet du «Grand Paris» vise à désenclaver le second cercle des villes de banlieue autour de la capitale française. Son achèvement est prévu pour 2030. Celui de la ligne CDG Express est toutefois prioritaire en raison de la candidature parisienne aux Jeux Olympiques d’été de 2024, dont la ville hôte sera choisie l’année prochaine lors de la 130e session du Comité international olympique à Lima (Pérou). Paris est pour l’heure en compétition avec Los Angeles et Budapest. La capitale française avait échoué à organiser les jeux de 2008 et de 2012.

Une liaison inattendue

Le chantier du «Grand Paris» permettra aussi de résoudre l’autre casse-tête pour les passagers des aéroports parisiens qu’est la liaison entre les deux plates-formes de Roissy et Orly. Une extension de la ligne 14 de métro – la plus moderne, inaugurée en 1998 – permettra de connecter directement l’aéroport d’Orly au réseau ferroviaire. Autre nouveauté pour les voyageurs d’affaires: la future construction d’une nouvelle gare pour le quartier de la Défense, sous le CNIT, dans le cadre du prolongement de la ligne E du RER. Le financement de ce chantier colossal sera essentiellement assuré par emprunt, mais la région Ile de France a déjà instauré deux taxes supplémentaires: une taxe spéciale d’équipement «Grand Paris» et une taxe sur les bureaux qui lui rapportent annuellement plus de 500 millions d’euros.