Internet des objets

Le parking intelligent débarque à Genève

Le canton, la Ville et les Services industriels vont installer 650 capteurs de stationnement. Objectif: analyser le taux d’occupation des zones bleues et blanches, ainsi que les taux de rotation des véhicules. A terme, cette technologie permettrait de détecter les places de parking libres depuis un téléphone portable et de moduler les tarifs en fonction de la demande

Genève, qui s’est donné pour objectif de devenir à l’horizon 2030 un «smart canton», s’essaie à son tour au stationnement intelligent. Un premier projet pilote a été lancé dans la commune de Carouge, en 2015, avec 16 capteurs mis au point par l’entreprise genevoise IEM, en collaboration avec le spécialiste de l’électronique LEM et le centre de recherche meyrinois du groupe Dupont.

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Objectif: informer les automobilistes en temps réel, via des panneaux de guidage dynamique, un navigateur GPS ou un smartphone. Ce système automatisé permet plus précisément aux usagers de localiser les places de parc disponibles et de payer leur stationnement en ligne. Mais aussi de gérer leur temps de parking à distance, de programmer une alarme, de visionner leurs statistiques, etc.

Enfin, les données récoltées permettent aussi une meilleure compréhension des comportements des conducteurs, afin d’optimiser la gestion des zones bleues et blanches. L’Etat de Genève, en collaboration avec la Ville et les Services industriels du bout du Léman, vient à son tour d’adopter le même équipement, c’est-à-dire planter ces prochaines semaines 650 capteurs PrestoSense sur les places de stationnement de plusieurs quartiers genevois.

Etudier la vie du stationnement

Ce nouveau dispositif, plus de 30 fois plus important que celui de Carouge, vise surtout à analyser les comportements des usagers en relevant par exemple le taux d’occupation des emplacements de stationnement (horaires d’arrivée et de départ des véhicules) et le taux de rotation des véhicules (nombre de véhicules différents par place).

«Jusqu’ici, des études étaient effectuées tous les deux ou trois ans, avec une récolte de données manuelle», indique Philippe Menoud, directeur d’IEM. Dans peu de temps, tout sera automatisé. Avec une fiabilité à 99%, selon le numéro un de la monétique urbaine (parcmètre, distributeur, horodateur, etc.) en Suisse, lauréat du prix Cleantech 2014.

«Cette précision est obtenue grâce à un double système de détection. Le premier, activé toutes les deux secondes, sert à détecter les changements du champ magnétique terrestre qui correspondent à tout mouvement de masse métallique se trouvant sur le capteur», explique le patron de la société familiale, reine des horodateurs à Genève, à qui l’on doit aussi les distributeurs de tickets de bus lausannois existants et, jusqu’en 2009, genevois (TPG).

Le deuxième est enclenché uniquement pour confirmer le changement d’état. Il est basé sur une détection ultrasonique qui permet de valider ou non la présence d’un véhicule situé au-dessus du capteur. «Ces deux technologies permettent de pallier les importantes perturbations électromagnétiques présentes au centre-ville, via par exemple le passage de trams», précise Philippe Menoud.

Des prix qui s’adaptent?

Une fois l’information captée, celle-ci est transmise à la plateforme d’IEM, qui finance à près de 50% le dispositif. Ces données utilisent le réseau de télécommunications LoRaWAN, destiné à l’Internet des objets. Soit un système à faible coût, car peu gourmand en énergie, contrairement au réseau de téléphonie mobile.

«A terme, on peut imaginer lancer une application qui, non seulement permettra aux usagers de se parquer sans tourner des heures à la recherche d’une place, mais informera aussi les autorités sur le taux de respect des horaires de stationnement», relève Philippe Menoud, qui promet de déployer sa technologie dans d’autres cantons suisses et villes en Europe. IEM espère ainsi aider à dynamiser les politiques publiques de stationnement, lesquelles pourront s’adapter plus rapidement à tout changement de contexte, en instaurant pourquoi pas une tarification variable selon les taux d’occupation des places de parc.

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