Grande-Bretagne

Le parlement britannique autorise le Brexit

Ce vote laisse les mains libres au gouvernement conservateur de Theresa May. Elle devrait lancer la procédure de divorce avant la fin du mois de mars

La première ministre britannique Theresa May va s’adresser mardi à la Chambre des communes, un discours très attendu à l’approche de l’échéance butoir pour déclencher le Brexit.

Les députés ont rejeté par 335 voix contre 287 le premier amendement des Lords visant à protéger les trois millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni. Ils ont fait de même pour l’autre amendement qui conférait le dernier mot au parlement sur l’accord final avec Bruxelles, 331 votants contre tandis que 286 votaient en sa faveur.

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Une date très attendue

Au lendemain du vote du parlement qui lui a laissé les mains libres pour activer l’article 50 du Traité de Lisbonne, préalable aux discussions de divorce, Theresa May doit, comme c’est la règle, débriefer les élus britanniques sur le dernier sommet européen qui s’est déroulé la semaine dernière à Bruxelles.

Mais c’est surtout la plus petite indication qu’elle pourra donner sur la date à laquelle elle entend lancer la procédure de divorce qui sera guettée alors que la date du 31 mars qu’elle s’est fixée comme limite approche à grand pas.

Pendant quelques jours, la rumeur que la dirigeante britannique profiterait de sa déclaration devant les députés pour annoncer le grand saut a bruissé de manière insistante. Toutefois, son porte-parole a refroidi les attentes lundi après-midi en annonçant que Theresa May attendrait la fin du mois. Certains tablent désormais que cela n’aura pas lieu avant le 27 mars. Une décision qui a été perçue comme un recul.

Selon des sources gouvernementales anonymes citées par les médias britanniques, elle serait liée à la volonté d’éviter que l’annonce du démarrage du processus de séparation d’avec l’Union européenne n’interfère avec les élections aux Pays-Bas, mercredi, et les célébrations du 60e anniversaire du Traité de Rome, le 25 mars.

L’Ecosse affirme ses positions

Mais l’annonce lundi matin par la première ministre écossaise Nicola Sturgeon de son intention d’organiser un nouveau référendum d’indépendance fin 2018 ou début 2019 n’est sans doute pas étrangère à ce report.

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«Il a été suggéré que Theresa May, pour l’avenir de l’union (du royaume), ne voulait pas se montrer cavalière en se précipitant pour activer l’article 50 un jour après la déclaration de Sturgeon», écrit le quotidien The Guardian.

La cheffe du gouvernement régional écossais a annoncé qu’elle demanderait la semaine prochaine au Parlement écossais l’autorisation de réclamer l’accord du gouvernement britannique pour lancer la procédure. Une telle consultation requiert en effet l’accord de Londres.

Nicola Sturgeon a expliqué que ce référendum était devenu nécessaire parce que le gouvernement britannique refusait de répondre aux préoccupations des Ecossais sur le Brexit contre lequel ils ont voté à 62%, notamment en matière d’accès au marché unique que Theresa May a décidé de quitter. Elle a dénoncé «un mur d’intransigeance». Theresa May a en retour critiqué «la vision étroite» du SNP (indépendantiste), le parti de Nicola Sturgeon, selon elle plus préoccupé de ses intérêts politiques que de ceux des Ecossais.

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