Innovation

Parmi les dix meilleures start-up suisses, six sont vaudoises

La société zurichoise AVA, qui commercialise des bracelets de fertilité, est ressortie en tête du Top100 Swiss Startups Awards devant L.E.S.S et Flyability, deux jeunes sociétés lausannoises

Chaque année depuis sept ans, le classement des 100 start-up les plus prometteuses de Suisse est dévoilé à Schlieren (ZH) dans une grande halle appartenant à la NZZ. Cet événement a réuni plus de 500 participants mercredi soir, notamment des investisseurs suisses mais aussi étrangers.

L’édition 2017 du concours Top100 a fait la part belle aux sociétés romandes. Parmi les dix jeunes pousses figurant en tête, six proviennent du canton de Vaud. Sur l’ensemble du classement, l’agglomération zurichoise reste toutefois la plus fortement représentée: sur les 100 sociétés primées, 43 proviennent du canton de Zurich (39 en 2016), contre 27 de Vaud (29 en 2016) et 9 de Bâle.

La société zurichoise AVA qui commercialise des bracelets munis de capteurs pour déterminer les périodes de fertilité, ressort gagnante, devant la start-up lausannoise L.E.S.S qui développe une technologie d’éclairage et Flyability qui fabrique des drones d’inspection. Parmi les autres start-up romandes du top 10, il faut encore noter la présence de MindMaze (réalité virtuelle à des fins thérapeutiques), Gamaya (caméra high-tech pour l’agriculture), Bestmile (logiciel pour des flottes de véhicules autonomes) et Lunaphore (diagnostic).

Une visibilité accrue

«Il n’y a pas de récompense en espèces mais ce classement offre une très grande visibilité aux start-up, notamment auprès des investisseurs», rappelle Jordi Montserrat, initiateur du classement Top100, créé en 2011 en collaboration avec Beat Schillig. Ensemble, ils ont également mis sur pied en 2004 le programme venturelab, qui soutient des milliers de start-up dans toute la Suisse et assurent la gestion opérationnelle de l’initiative Venture Kick, qui jusqu’à aujourd’hui a soutenu plus de 500 spin-off issues des universités et des hautes écoles suisses avec du capital d’amorçage à hauteur de 20 millions de francs. «Beaucoup de start-up sélectionnées sont actives dans les secteurs de la biotech et la medtech. Il y en a de plus en plus issues de la fintech», constate Jordi Montserrat.

Comme chaque année, cent experts – des investisseurs mais aussi des personnes issues du transfert technologique ou des organismes de soutien – présentent leurs dix start-up favorites, à savoir des jeunes pousses qui ont moins 5 ans d’existence et qui présentent un fort potentiel de croissance. Chacune obtient 1 à 10 points. «Nous additionnons les points de chacune d’entre elles. En cas d’égalité, la start-up la plus jeune passe devant», explique Jordi Montserrat qui peut compter sur le soutien financier du Credit Suisse, Swiss Prime Site, Swiss Private Equity& Corporate Finance Association (SECA) et la Fondation Gebert Rüf.


Numéro 1: AVA

La société zurichoise, qui remporte le concours Top100, a été cofondée en 2014 par Lea von Bidder et Pascal Koenig. Elle a développé un bracelet connecté qui permet aux femmes cherchant à être enceintes de connaître leurs cycles menstruels et leur fertilité. Pendant que l’utilisatrice dort, les capteurs d’AVA recueillent les données selon neuf paramètres physiologiques différents. Ces paramètres sont transmis à un algorithme. La technologie du bracelet a été développée au CSEM (Centre suisse d’électronique et de microtechnique), en partenariat avec l’EMPA (les laboratoires fédéraux d’essai des matériaux et de recherche) et l’Hôpital universitaire de Zurich. La start-up qui compte 45 collaborateurs a ouvert un bureau à San Fransisco et une filiale à Belgrade. AVA a vendu plus de 10 000 bracelets aux Etats-Unis. Le bracelet est commercialisé en Europe depuis le début de l’année alors que le marché chinois est à l’étude. Une nouvelle levée de fonds est en cours.


Numéro 2: L.E.S.S

Couronnée l’année passée meilleure start-up de l’année en Suisse selon le Top100, la société vaudoise L.E.S.S., fondée par Yann Tissot et Simon Rivier, est arrivée en 2017 en deuxième position. La start-up développe des fibres optiques nano actives permettant de générer un nouveau type de lumière, une alternative aux LED, convoité par le secteur de l’inspection industrielle mais aussi le secteur automobile. L.E.S.S. a développé un procédé qui potentiellement réduit la consommation énergétique des phares d’environ 30% et leur poids d’un facteur deux. La start-up qui espère également se profiler dans l’éclairage des voitures autonomes comptera 30 personnes au début de l’année prochaine. Elle planifie un nouveau tour de financement. Les fonds récoltés permettront de mettre sur pied une usine capable de produire à terme des centaines de milliers de pièces.


Numéro 3: Flyability

La start-up lausannoise, fondée par Adrien Briod et Patrick Thévoz, est à l’origine de drones sphériques, capables de pénétrer dans des espaces étroits. Capables de rebondir grâce à une petite cage sphérique, ces robots peuvent absorber les chocs éventuels. Ces propriétés de vol combinées à une caméra vidéo à haute définition permettent d’inspecter des sites industriels, de vérifier l’état d’un pont, d’une chaudière d’une centrale électrique ou d’une plateforme pétrolière. Le drone, nommé Elios, rassemble des données lors de ses vols d’inspection. Celles-ci permettent aux clients d’analyser leurs installations. La start-up, créée en 2014, est rapidement passée de quelques collaborateurs à près de 60 employés. Elle prévoit de tripler son chiffre d’affaires cette année.

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