Horlogerie

Parmigiani est désormais «aux bonnes dimensions»

La marque neuchâteloise ne licenciera plus, assure l’un de ses codirecteurs, Flavien Gigandet. La Chine continentale devient une priorité

Comment se porte Parmigiani? Pour elle, davantage que pour d’autres de ses consœurs, les professionnels de la branche s’interrogent. Certains d’entre eux ont lu la lettre publiée en décembre sur le blog horloger Businessmontres dans laquelle Pierre Landolt, président de la fondation de Famille Sandoz, propriétaire de la marque et des entreprises qui compose le pôle horloger de la fondation, en prend pour son grade. En substance, on y dit que la marque de Fleurier (NE) serait un gouffre à millions et qu’elle aurait concentré toutes les erreurs qui ont été commises par l’horlogerie dans son ensemble, ces dernières années.

Flavien Gigandet, rencontré au récent Salon international de haute horlogerie (SIHH) l’a également lue. A ce sujet, celui qui est membre du comité directeur de la marque nous adresse un simple «no comment». En revanche, ce dernier l’assure: après un passage douloureux en 2015 et 2016 marqué par une quinzaine de suppressions de postes à Fleurier, Parmigiani est aujourd’hui «aux bonnes dimensions». La marque compte 68 employés et aucun autre licenciement n’est au programme.

Une seule tête dépasse

Flavien Gigandet est un ancien de la maison. Depuis le départ du directeur général, Jean-Marc Jacot, en 2015, puis du directeur opérationnel qui avait pris sa succession pendant quelques mois, Marc Gaudreault, il fait partie d’un comité de direction sans leader attitré. Désormais, une seule tête dépasse: celle du fondateur et maître horloger Michel Parmigiani.

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Comme ses consœurs, la marque a souffert de la baisse du tourisme chinois en Suisse, à Interlaken ou à Lucerne, mais aussi et surtout à Paris. Comme d’autres aussi, elle cherche à récupérer cette clientèle dans son pays d’origine, la Chine continentale.

Le renforcement des contrôles douaniers à l’entrée en Chine incite les consommateurs à acheter davantage sur leur marché domestique. Pour l’heure, Parmigiani est présente à Pékin et Shanghai. Mais, et c’est l’une des bonnes nouvelles de la semaine genevoise de Parmigiani, des négociations sont engagées avec «l’un des acteurs-clés» de la distribution dans le pays. L’officialisation d’un contrat entre les deux parties pourrait intervenir dans quelques mois.

La marque souffre aussi de l’absence des clients russes auprès desquelles elle est très populaire. Une question de pouvoir d’achat, après la chute du rouble, la monnaie nationale. Mais d’abord «une crise de confiance, de climat de consommation, considère Flavien Gigandet. On vend du rêve, il faut de la confiance pour en acheter.»

«Semer, avant de récolter»

En attendant qu’elle fasse son retour, le pôle horloger qui gravite autour de Parmigiani (Vaucher, Atokalpa, Elwin, Les Artisans Boîtiers, Quadrance&Habillage) n’est-il pas surdimensionné? C’est l’une des reproches qui a souvent été adressée à la famille Sandoz: d’avoir vu trop grand, en investissant des millions dans la verticalisation totale de la production. L’an dernier, Vaucher Manufacture avait d’ailleurs dû, elle aussi, se séparer d’une trentaine d’employés.

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«La fondation sait qu’il faut semer avant de récolter, rétorque Flavien Gigandet. Un outil industriel ne se construit pas en quelques mois.» Bien sûr, convient-il, «la voie de l’indépendance est plus difficile que celle choisie par les établisseurs», ces marques qui emploient des sous-traitants externes et qui assemblent les produits finaux. Mais «Michel Parmigiani et notre actionnaire ont opté pour cette voie dès le début.»

Parmigiani ne changera pas d’orientation. Avec ses 3000 à 4000 pièces par année, elle est aux bonnes dimensions, insiste son responsable. «La conjoncture nous empêche d’utiliser pleinement les capacités de production. Mais nous espérons bien que cette situation est temporaire.»

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