Parmigiani a vingt ans. L’âge adulte. Le moment ou jamais pour la marque de trouver sa voie. «Nous opérons un recentrage sur l’art mécanique, la très haute horlogerie technique. Nous allons davantage communiquer sur ce point. Nous ne voulons pas être assimilés à des passéistes», expose Michel Parmigiani, au second jour du SIHH.

Deux mois après le premier licenciement collectif de l’histoire de la marque de Fleurier, son fondateur évoque un début de salon teinté de prudence. «Les détaillants hésitent, ils viennent et reviennent avant de se décider, ou pas. Mais c’est logique: leurs stocks sont pleins et ils sont soumis à une forte pression».

Un examen chronométrique

Pour démontrer de quoi elle est capable, Parmigiani présente cette année son premier chronographe entièrement produit à l’interne. La Chronor a nécessité huit ans de développement. «Un chrono, c’est l’examen d’une manufacture, affirme Michel Parmigiani. Un tourbillon, c’est délicat à fabriquer, mais c’est moins complexe».

Autre démonstration technique, le «Projet Senfine», une montre qui accueille le régulateur Genecand, du nom de son inventeur. En alliant des structures sur guidages flexibles et les technologies du silicium, Parmigiani réduit les frottements, donc les pertes d’énergie, et augmente ainsi la réserve de marche d’une montre mécanique. «Pour illustrer, on peut dire que 45 heures se transforment en 45 jours», se félicite le maître d’œuvre de la marque en mains de la fondation de famille Sandoz.

Voilà douze ans que l’idée est née. Et la montre n’est pas encore tout à fait prête. Elle le sera d’ici deux ans, si tout va bien. Aujourd’hui, l’heure est désormais aux tests antichoc. Cette montre se destinera «aux collectionneurs, aux connaisseurs et à tous ceux qui ne sont pas insensibles aux notions techniques et scientifiques», prévoit Michel Parmigiani.

Lorsqu’il a été dévoilé en 2014, ce mouvement révolutionnaire, produit par Vaucher Manufacture, la société sœur de Parmigiani, devait aussi se destiner à d’autres horlogers intéressés. Aujourd’hui, selon les dires de Michel Parmigiani, ils observent en retrait, ils préfèrent rester prudents. Comme leurs clients du SIHH.

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