Le Temps: Ethos a recommandé de refuser le nouveau modèle de rémunération proposé par UBS. Vous exigez qu’à l’avenir la part variable ne puisse pas être plus élevée que la part fixe. Cette exigence est-elle réaliste ?

Dominique Biedermann: Il est tout à fait réaliste d’exiger que la part variable ne puisse pas être supérieure à 50% de la rémunération totale.

- Cette demande sera-t-elle aussi valables pour les autres sociétés cotées en bourse ?

- Il s’agit d’une exigence qui figure dans nos lignes directrices de vote. Chaque fois qu’il faudra voter sur des systèmes de rémunération, nous allons adopter les mêmes critères et faire valoir ce principe.

- Vous allez donc formuler la même exigence chez Credit Suisse la semaine prochaine ?

- Tout à fait. Cette demande sera adressée aussi bien à Credit Suisse qu’à Nestlé, étant donné que ces deux sociétés ont accepté de faire voter les actionnaires sur le rapport de rémunération se rapportant à leur dernier exercice.

- Certains argumentent qu’une part variable élevée permet de réadapter plus rapidement la masse salariale à la baisse en cas de détérioration des résultats. Qu’en pensez-vous ?

- Cet argument me paraît peu crédible. Car même dans une année comme 2008, durant laquelle UBS a réussi à dégager une perte de 21 milliards de francs, la banque a réussi à verser des bonus de l’ordre de 3,6 milliards ! Théoriquement, cet argument peut paraître valable. Mais pratiquement, on observe que ce n’est pas ce qui se passe dans la réalité. De plus, UBS ne prévoit aucun plafond en cas de retour à une situation bénéficiaire. A mon sens, il n’est pas normal qu’un collaborateur puisse toucher jusqu’à 85%, 90% voire 95% de sa rémunération totale sous une forme variable. Car cela créée des incitations qui tendent à favoriser de manière exagérée la prise de risque par les collaborateurs d’une entreprise.

- Comment jugez-vous le travail effectué jusqu’ici par Oswald Grübel ?

- Oswald Grübel a une approche très pragmatique. Il a compris que pour sortir UBS de l’ornière, il faut rendre la banque à nouveau profitable. J’espère toutefois qu’il y parviendra en agissant de manière raisonnable avec les collaborateurs, notamment en prévoyant des plans sociaux suffisants pour les employés d’UBS qui perdent leur emploi.