Dans le secteur pétrolier, l’exploration, la production, l’extraction, le transport, le négoce, le raffinement sont des activités séparées. Tous les segments à l’intérieur de cette chaîne de valeur ne présentent par le même attrait, comme la faillite de l’exploitant de raffinerie Petroplus l’a démontré. Et tous les modèles d’affaires ne sont pas exempts de risques, comme on a pu le constater suite à la catastrophe survenue dans le Golf du Mexique il y a deux ans. Durant des mois, le géant BP et les sociétés de services pétrolier Transocean et Halliburton se sont rejetés mutuellement les responsabilités de l’accident. Jusqu’à aujourd’hui, l’image des sociétés impliquées dans ce désastre écologique est encore énormément écornée.

Alors que les prix actuels du pétrole influent en premier lieu sur l’évolution du cours des actions des grands groupes pétroliers, les contrats qui s’étendent sur plusieurs années qui s’appliquent aux sociétés de services permettent de réduire la cyclicité de leurs affaires. «L’indice Philadelphia Stock Exchange Oil Service est une alternative aux investissements directs dans le WTI ou le Brent via des futures, ou des produits financiers qui se rapportent aussi à des futures comme les certificats tracker ou les ETFs », explique Florian Stasch, spécialiste en dérivés chez RBS. «De plus, le choix de cet indice peut être particulièrement intéressant dans les situations de contango, où les investisseurs sont exposés à des pertes lors des renouvellements des contrats d’investissement basés sur des futures », ajoute-t-il. Parmi les sociétés de cet indice fortement axé sur les Etats-Unis, on retrouve des firmes comme Transocean, Schlumberger, Weatherford ou Halliburton.

Néanmoins, les fluctuations de l’indice sont importantes: le certificat-tracker SEOIL a vu sa valeur doubler après son émission en 2008, puis reperdre ensuite 80% de celle-ci. Désormais, ce certificat libellé en franc et qui bénéficie d’une protection contre les variations de change de type « quanto2 est à nouveau en hausse de 4% et il a même significativement surperformé l’indice SMI en franc (-7% sur la même période).

C’est d’autant plus remarquable que les frais liés aux instruments de couverture contre les variations de change s’élèvent à 6,7%. «A ce sujet, l’investisseur doit décider s’il est prêt à supporter ou non les risques de variation de change du dollar », fait remarquer l’expert en dérivés. Il existe des modèles de couverture meilleurs marché mais ils ne permettent pas en tout temps de se protéger à 100% contre les variations de change.

La forte hausse des prix du pétrole s’est répercutée positivement sur la valeur des sociétés incluses dans l’indice Philadelphia Stock Exchange Oil Services. De plus, l’exploitation de combustibles fossiles à l’aide de la technique dite de fracturation hydraulique («fracking ») - une méthode certes contestée mais très rentable - créée de nouveaux mandats très lucratifs pour ces sociétés, en particulier dans l’Ouest des Etats-Unis. De bonnes opportunités se présentent ainsi pour les investisseurs désireux de prendre pied dans le secteur pétrolier.

*Collaboration payoff et Le Temps