La Banque Cantonale Vaudoise (BCV) a subi de nombreuses critiques mardi lors de la dernière assemblée générale de Baumgartner. Le groupe l'a accusée de «lâchage». Pascal Kiener, patron de la BCV, répond aux critiques.

Le Temps: Pourquoi n'avoir pas cédé, avant l'OPA de BBC, votre paquet de 17% du capital de Baumgartner à ses dirigeants?

Pascal Kiener: De toutes les propositions faites lors de ces deux dernières années, celles de la société elle-même ou celles des investisseurs amenés par elle, ont toujours été inférieures au prix de l'OPA.

- Comment s'explique votre changement de position sur le prix proposé en à peine dix jours?

- Il est vrai que notre estimation était légèrement supérieure, mais il n'y avait pas de contre-proposition. Nous avons choisi la meilleure solution économique pour les actionnaires de la BCV.

- Pourquoi ne pas avoir informé d'abord le conseil d'administration de Baumgartner sur ce changement de position?

- Lorsque nous avons décidé de donner suite à l'OPA, il était nécessaire que nous en informions le marché en respectant le principe d'égalité de traitement de tous les investisseurs. De plus, de quel droit aurions-nous informé en primeur un groupe d'actionnaires plutôt qu'un autre? Par courtoisie néanmoins, j'ai averti personnellement le conseil de Baumgartner sitôt la décision communiquée.

- Avez-vous pris la décision de vendre en accord avec le conseil d'administration de la BCV, voire avec le Conseil d'Etat?

- La décision a été prise par l'instance compétente, soit la direction générale de la BCV. Quelques membres du conseil d'administration ont été informés de la décision et l'ont approuvée. De son côté, l'actionnaire majoritaire a aussi été informé.

- Le conseil de Baumgartner estime que la BCV n'a pas joué son rôle de proximité envers l'entreprise dans le déroulement de l'OPA. Que lui répondez-vous?

- Il s'agit d'une participation dans une holding possédant une entreprise de 220 employés en Alsace, qui emploie une poignée de personnes dans le canton et n'y a plus d'activités opérationnelles! Nous jouons parfaitement notre rôle de proximité, notamment en terme d'octroi de crédit, auprès des entreprises vaudoises.