Le groupe Roche s’est maintenu sur la voie de la croissance entre janvier et fin juin, porté notamment par la persistance ou la résurgence de foyers pandémiques. En première ligne contre le covid, la division Diagnostics a en effet enregistré un nouvel essor de ses revenus, de 11% à près de 10 milliards de francs.

Le cœur de métier dans la pharma affiche une progression moins vigoureuse, de 3% à 22,4 milliards de francs. Le chiffre d’affaires total a ainsi gagné 5% à 32,3 milliards, égraine un compte rendu publié jeudi. Sur le plan opérationnel, l’excédent avant charges d’intérêts, impôts et tout facteur jugé exceptionnel (Ebit de base) a enflé de 9% à 12,7 milliards de francs.

Le groupe table toujours sur une croissance de 10%

La direction signale reconduire sa feuille de route pour l’ensemble de l’exercice. Les recettes doivent au pire stagner en comparaison annuelle et au mieux venir titiller la barre de progression de 5%. Le bénéfice par titre de base doit progresser dans une fourchette à peine supérieure à celle des ventes. Hors effet Covid et biosimilaires des principaux moteurs de ventes vieillissants, Roche table toujours sur une croissance de près de 10%. La franchise Covid doit accuser une contraction de l’ordre de 2 milliards de francs et le manque à gagner attribué aux biosimilaires est devisé à 2,5 milliards environ.

Les analystes réservent un accueil mitigé à la volée de chiffres présentés. Si la performance semestrielle fait l’unanimité, le maintien des perspectives laisse augurer une détérioration de la situation d’ici la fin de l’année en cours.

Après avoir débuté la séance dans les tréfonds de l’indice phare de la place zurichoise, le bon de jouissance Roche s’était hissé en fin de matinée dans le ventre mou du classement. Le titre cédait encore en fin de matinée 0,4% à 326,95 francs, dans un SMI en petite hausse de 0,07%.

En avril 2022: Le chiffre d’affaires de Roche dopé par sa franchise Covid-19

Les récents lancements à l’image de l’Hemlibra contre l’hémophilie A (+30% à 1,83 milliard) ou de l’anticancéreux Tecentriq (+11% à 1,76 milliard) ont tout de même surcompensé un manque à gagner de 1 milliard attribué à la concurrence de versions génériques des vieillissants moteurs de vente tels que l’Avastin. La franchise Covid-19 - qui comprend, outre une vaste panoplie de tests, le médicament Ronapreve développé avec le partenaire new-yorkais Regeneron - a encore accentué sa contribution à 3,1 milliards, contre 2,5 milliards un an plus tôt.

Une nouvelle ère à venir

C’est par ailleurs surtout l’annonce de la nomination de Thomas Schinecker, actuellement en charge de la division Diagnostics, au poste de directeur général qui a marqué les. Il succédera en mars 2023 à Severin Schwan, en charge de cette fonction depuis 2008. L’actuel patron de la multinationale ne quitte pas pour autant le groupe puisqu’il sera proposé comme nouveau président du conseil d’administration, Christoph Franz ayant décidé de se retirer après avoir officié à cette fonction durant huit ans. Sous sa houlette, Roche aura notamment retrouvé l’an dernier sa pleine marge de manoeuvre avec le rachat à Novartis de l’importante participation que détenait ce concurrent dans le capital-actions du conglomérat pharmaco-diagnostique.

Titulaire d’un doctorat en biologie moléculaire, Thomas Schinecker est un homme du sérail. Double national austro-allemand et né en 1975, le patron désigné avait accédé à la tête des dispositifs de dépistage et d’identification des maladies en 2019, juste avant l’éclatement d’une crise sanitaire qui l’a propulsé sur le devant de la scène et a nettement accru son importance au sein du groupe.

Sous sa responsabilité, les recettes de Diagnostics sont passées d’un peu moins de douze milliards de francs en 2019 à près de 18 milliards deux ans plus tard. La question de sa succession reste ouverte, indique jeudi Roche parallèlement à ses résultats semestriels. Tant l’actuel patron que son successeur désigné ont donné en conférence de presse une assurance de continuité dans la ligne stratégique.