Si l’instantanéité d’Internet a considérablement amélioré notre quotidien, le bombardement continuel d’informations peut avoir des conséquences négatives pour les investisseurs. En voulant se tenir constamment informés de l’actualité, ils en viennent à se concentrer uniquement sur le court terme. Il a été démontré que beaucoup d’investisseurs ont tendance à tomber dans ce piège.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la durée moyenne d’un placement était de plus de 10 ans. Il s’agit certes d’une longue période, mais même durant les années 50 et 60, les investisseurs ont en moyenne maintenu leurs placements entre six et huit ans. Cette durée est aujourd’hui de moins de deux ans et parfois de quelques mois seulement. Les investisseurs seraient-ils en train de perdre patience? Qu’espèrent-ils gagner?

Est-ce psychologique?

Tout d’abord, il faut savoir que ce besoin d’activité constant est déterminé par des facteurs psychologiques. Les investisseurs pensent souvent pouvoir contrôler une situation qui leur échappe. Le fait d’obtenir un flux continu d’informations les conforte dans cette idée irrationnelle. De plus, réaliser un maximum de profits en un minimum de temps est extrêmement stimulant. Ils y trouvent donc une réelle motivation, même si leur raison les en dissuade.

A lire aussi: Glossaire de la gestion

Peut-on battre le marché? Certains investisseurs cherchent à prendre une longueur d’avance à tel point qu’ils oublient que toute autre personne sur le marché détient exactement la même information. Le «marché» représente la moyenne de l’ensemble des interprétations de l’information. Mais si le marché constitue une moyenne des attentes de chacun, environ la moitié de la population donnée devrait pouvoir le battre (et l’autre moitié non). Ceux qui pensent y parvenir facilement doivent se souvenir de la difficulté des gestionnaires de fonds à surperformer.

Les gestionnaires de fonds ont du mal à le battre

Pendant 10 ans et jusqu’à la fin de l’année 2015, plus de 80% des fonds actifs ont échoué à battre leur indice de référence. Ce pourcentage se base sur 10 000 fonds au total. Mais puisque nous analysons leur comportement à plus court terme, quelle est la tendance sur un à trois ans? Ils ne font pas mieux. Ces deux dernières années, moins de 20% des fonds ont surperformé leur indice de référence et moins de 10% y sont parvenus trois ans de suite. Par conséquent, un fonds ayant surperformé son indice de référence l’année dernière n’y parviendra pas forcément cette année. C’est d’ailleurs très peu probable.

Pourtant, les investisseurs choisissent souvent un fonds en fonction de ses performances récentes, et optent la plupart du temps pour celui ayant le mieux performé. Plus ils cherchent à le battre, moins ils y arrivent. S’ils s’appuient uniquement sur la performance récente, la déception risque d’être encore plus grande. C’est sans doute pourquoi ils sont si nombreux à revendre peu après avoir acheté.

Les leçons à retenir

S’il est très difficile de prévoir le marché, il est encore plus difficile de le battre. Les performances passées ne reflètent pas les performances futures. Les investisseurs auraient tout intérêt à réfléchir sur le long terme – en années et non en mois – et à revoir leur stratégie de gestion de portefeuille seulement une fois par an. Effectuer les ajustements nécessaires, mais pas de changements radicaux si fréquemment. Et ne pas prêter attention au «buzz» provoqué par les événements à court terme.

Plutôt que de chercher des rendements à court terme en essayant de comprendre le marché mieux que quiconque (c’est-à-dire le marché lui-même!), les investisseurs feraient mieux de choisir une stratégie et de s’y tenir. Ils pourraient se tourner vers les fonds passifs peu coûteux, qui risquent certes de sous-performer le marché, mais devraient améliorer leurs performances d’une année à l’autre. Souvenez-vous, la patience est une vertu.