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Plutôt que de répéter les mêmes initiatives individuelles, les fondations gagneraient en efficacité en partageant mieux l’information, en favorisant la transparence, estime Patrick Odier, associé senior de la banque Lombard Odier. 
© Nicolas Righetti | Lundi13

Philanthropie

Patrick Odier: «Les fondations devraient collaborer davantage»

Genève a été le canton où le plus de fondations ont été créées l’an dernier. Grâce à son écosystème favorable, qui comprend savoir-faire technique, recherche académique et informations sur les causes susceptibles d’être soutenues. Entretien avec Patrick Odier, associé senior de la banque Lombard Odier, qui comprend deux fondations

Sur les 349 fondations d’utilité publique créées l’an dernier en Suisse, 48 l’ont été à Genève, ce qui fait du canton le plus dynamique en la matière. Avec 1174 fondations localisées sur son territoire (dont plus de 63% ont été créées depuis l’an 2000), Genève est le quatrième canton comptant le plus de ces structures, derrière Berne (1380), Vaud (1413) et Zurich (2262), selon une étude coordonnée par l’association faîtière SwissFoundations, publiée lundi.

Le document met cette année l’accent sur la Suisse romande, qui compte 18,9 fondations pour 10 000 habitants, soit une densité supérieure à la moyenne du pays (15,8). Dans les cantons de Genève, Vaud, Fribourg, Jura et Neuchâtel (le Valais, qui surveille les fondations de manière différente, n’a pas pu être comptabilisé), les 3438 fondations soumises à surveillance cantonale détenaient une fortune cumulée de 13,4 milliards de francs en 2014, soit un peu moins de 4 millions en moyenne.

Les fondations reconnues d’utilité publique par les autorités fiscales sont exonérées d’impôt. Selon les cantons, elles sont notamment dispensées de l’impôt sur la fortune et le revenu ou encore des droits sur les successions et les donations. Les dons peuvent être déduits de l’impôt fédéral jusqu’à concurrence de 20%, avec là encore des différences cantonales (Le canton de Bâle-Campagne propose une déductibilité illimitée).

Lire aussi: Pour Lombard Odier, la philanthropie n’est pas un outil marketing

Comment s’explique le dynamisme romand en matière de fondations? Le point de vue de Patrick Odier, associé senior de la banque Lombard Odier, qui comprend deux fondations. L’une distribue entre 1 et 1,5 million de francs par an pour le compte de la banque et de ses collaborateurs; l’autre, nommée Philanthropia, est une fondation dite abritante, qui accueille et fournit des services à des structures lancées pour les clients de la banque. Depuis sa création en 2009, elle a effectué pour 50 millions de francs de dons au profit d’une centaine d’organisations, sur 113 millions de donations reçues.

Le Temps: Le canton de Genève est celui qui a connu la plus forte création de fondations l’an dernier. Est-ce uniquement à cause des avantages fiscaux?

Patrick Odier: Ce n’est pas le seul facteur, les compétences se trouvent également ici, la tradition de discrétion aussi. On peut même parler d’un écosystème ou d’un «cluster» des fondations à Genève. Les organisations internationales fournissent des informations de haut niveau sur les causes qui peuvent être défendues, comme la protection de l’environnement ou les questions liées à la santé. La place financière possède les compétences de gestion, de conseil, d’accompagnement. Dans les banques, les procédures sont en place pour s’assurer que l’argent est d’origine licite. Les acteurs académiques étudient l’impact de cette approche philanthropique.

- Les fondations collaborent-elles beaucoup entre elles?

- Il y a historiquement une dispersion importante dans le secteur associatif et dans celui des fondations. Plutôt que de répéter les mêmes initiatives individuelles, on gagnerait en efficacité en partageant mieux l’information, en favorisant la transparence.

- Comment encourager la collaboration?

- Un dialogue s’est instauré depuis trois ans entre SwissFoundations, l’État de Genève via la chancellerie et notre fondation Lombard Odier. Des tables rondes sont régulièrement organisées. Un code de conduite a également été défini, il décrit notamment comment éviter les conflits d’intérêts.

- Les fondations dites «abritantes» peuvent-elles renforcer les rapprochements?

- Ces structures abritantes fournissent des conseils techniques sur la création, la gestion ou l’administration de fonds sous égide, ce qui abaisse les coûts de fonctionnement. Les fonds abrités conservent leur liberté dans la définition de leurs objectifs et peuvent donner des impulsions à travers des comités scientifiques et consultatifs. L’idée est de créer un réseau pour les clients qui veulent de l’appui pour donner d’une manière très efficace. On voit d’ailleurs de plus en plus de clients qui recherchent une cohérence entre la façon dont ils investissent leur fortune et leur démarche philanthropique, notamment via des investissements socialement responsables.

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