Austère et massif. Le quartier général de la Commission de la concurrence (Comco), à Berne, est comme on l’imagine. Au troisième étage, le directeur du secrétariat, Patrik Ducrey, nous reçoit dans un vaste bureau peu décoré – avec, au poignet, une belle montre mécanique suisse dont le calibre ne provient pas de chez Swatch Group.

L’affaire qui l’occupe ces temps parle justement de cela. C’est le volumineux dossier des mouvements mécaniques, les «cœurs» qui font tourner les aiguilles d’une montre. Le cas remonte à plus de dix ans lorsque, en 2009, Nicolas Hayek Sr avait annoncé son intention de choisir à qui il entendait vendre les mouvements mécaniques fabriqués par sa filiale ETA. Etant en situation de monopole, il avait contacté la Comco pour trouver un moyen d’arriver à ses fins.