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Le patron de la bourse suisse demande la création d’un franc en cryptomonnaie

Un e-franc contrôlé par la BNS serait notamment bénéfique au commerce local, affirme Romeo Lacher dans une interview au «Financial Times». Par contre, il voit la multiplication des ICO avec méfiance

La Banque nationale suisse (BNS) devrait lancer sa propre cryptomonnaie, selon le président du groupe financier SIX. «Un e-franc sous le contrôle de la banque centrale créerait de nombreuses synergies, ce serait très bon pour l’économie», a déclaré Romeo Lacher dans une interview au Financial Times. L’e-franc apporterait un soutien au commerce local, car il doperait le recours aux paiements électroniques, a assuré Romeo Lacher dans l’article publié lundi.

La Suisse, future «cryptonation»?

Les exemples de cryptomonnaies étatiques sont rares pour l’instant. La banque centrale de Suède, la Riksbank, fait figure de pionnière et doit introduire prochainement sa «e-couronne». La BNS défend une position plus conservatrice sur cette question. Sollicitée par le quotidien britannique, elle a indiqué qu’il n’y avait actuellement pas besoin d’une telle cryptomonnaie.

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Le président de SIX rappelle les déclarations récentes du conseiller fédéral et ministre de l’Economie Johann Schneider-Ammann, pour qui la Suisse doit devenir une «cryptonation». L’ethereum, deuxième plus importante cryptomonnaie au monde après le bitcoin, a été lancée par une société helvétique.

Le secteur privé, un «far west»

La multiplication des levées de fonds basées sur la technologie blockchain, ou ICO («initial coin offering»), suscite toutefois des craintes auprès de Romeo Lacher. «Jusqu’à très récemment, la valeur des cryptomonnaies n’a connu qu’une direction, vers le haut. Lorsque le premier effondrement d’ICO sera intervenu, le marché se sera brûlé les doigts», soutient-il.

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Un tel scénario entraînerait un regain de prudence dans ce domaine, contexte défavorable au lancement de cryptomonnaies par les banques centrales. Cela reviendrait à laisser le contrôle de ces instruments au secteur privé, le «far west», avertit le dirigeant.

L’important potentiel de la blockchain

SIX ne compte d’ailleurs pas changer de politique au sujet du bitcoin et de ses homologues. «Nous n’avons actuellement aucun plan visant à permettre le négoce de cryptomonnaies ou d’ICO», affirme Romeo Lacher. Ce dernier souligne toutefois que la technologie blockchain, qui sert de base aux devises électroniques susmentionnées, dispose d’un important potentiel pour les activités du groupe financier.

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SIX Group est détenu par de nombreuses banques suisses et étrangères. La société zurichoise exploite la bourse suisse, mais fournit également une série de services qui vont des paiements électroniques aux informations financières.


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