André Esteves a été arrêté mercredi par la police dans sa maison de Rio de Janeiro. L’arrestation du patron de BTG Pactual – qui est également actionnaire de la banque tessinoise BSI depuis le rachat de cette dernière par le groupe brésilien en juillet 2014 – est liée au scandale de corruption Petrobras, a confirmé un porte-parole de la justice brésilienne au Financial Times.

Contacté mercredi, BTG Pactual confirme simplement coopérer, au même titre que son directeur, avec la police dans le cadre de l’enquête. Sans toutefois livrer davantage d’informations. L’action du groupe a chuté de près de 30% à la bourse brésilienne.

André Esteves, dont la fortune personnelle s’élève à quelque 2,5 milliards de dollars selon le magazine Forbes, n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. En 2012, il s’était déjà vu infliger une amende de 350 000 euros en Italie pour une affaire de délit d’initié.

Agé aujourd’hui de 46 ans, il a grandement contribué au succès de son groupe (5100 employés aujourd’hui, dont 1300 en Suisse, pour environ 180 milliards de francs sous gestion). Ayant débuté comme informaticien au sein de la banque qui se nommait alors Pactual, il a ensuite grimpé tous les échelons jusqu’à en prendre la direction. Son coup d’éclat il le réussit en 2009 lorsqu’il rachète pour 2,5 milliards de dollars à UBS – alors en pleine restructuration – la banque qu’il lui a lui-même vendu trois ans plus tôt pour 3,1 milliards.

Aujourd’hui André Esteves est donc soupçonné d’être lié au scandale de corruption qui secoue le Brésil depuis pratiquement deux ans. Un immense scandale qui a des répercussions jusqu’en Suisse. En mars dernier, le Ministère public de la Confédération a ainsi annoncé avoir bloqué 400 millions de dollars dans le cadre de cette affaire. En tout, près de 500 comptes auprès d’une trentaine d’établissements au moins seraient concernés selon nos informations.