Le groupe de construction Vinci, propriétaire de la moitié du parking du Flon à Lausanne, est en crise à cause du salaire de son président, Antoine Zacharias.

Jeudi, le conseil d'administration a pris une décision inédite dans un grand groupe français, rapporte Le Monde. Convoqué par le président pour mettre fin aux fonctions du directeur général, Xavier Huillard, le conseil a au contraire confirmé celui-ci dans ses fonctions, ce qui a entraîné le départ immédiat de Antoine Zacharias.

Dans une lettre envoyée aux administrateurs et publiée par Le Parisien, le 1er juin, Xavier Huillard écrit notamment: «Je réalise avoir été le paravent honnête d'un homme qui a progressivement entrepris de s'enrichir au-delà de toute raison sur le dos de Vinci.» Antoine Zacharias, qui présidait le comité des rémunérations, a l'intention de se délocaliser en Suisse afin d'échapper à plus de 100 millions d'euros d'impôts, révèle également Xavier Huillard. Il avait aussi réclamé une prime exceptionnelle de plus de 8 millions d'euros en plus d'un salaire de plus de 4 millions d'euros et touché une «prime de départ» de 13 millions d'euros pour avoir cédé la direction générale du groupe. Enfin, il avait accumulé un patrimoine de 250 millions d'euros, notamment sous la forme de titres Vinci. Sa «retraite chapeau» lui garantissait 50% de son salaire jusqu'à son décès.

Laurence Parisot, la présidente de l'association patronale Medef, a critiqué les rémunérations d'Antoine Zacharias. «Nous avions tous le cœur qui se soulevait quand nous avons découvert les montants de rémunération envisagés», a-t-elle indiqué vendredi à la radio.

Depuis un mois, le président de Vinci court-circuitait systématiquement tous ses collaborateurs, y compris Xavier Huillard, à qui il n'adressait plus la parole. Il prenait conseil auprès d'avocats ou de banquiers sans en référer au directeur financier ou juridique. «Le conseil d'administration fonctionnait d'une manière lamentable, le comité d'investissement ne se réunissait plus alors que la société a procédé à des opérations importantes», raconte un administrateur.

Le terme de cette guerre des chefs à la tête de Vinci a été salué par une hausse de 4,5% du titre à la Bourse de Paris.