Pétrole

Le patron de Gunvor rembourse son ancien associé

Torbjörn Törnqvist avait dû racheter les parts de Gennady Timchenko en toute urgence en mars 2014. Il ne lui doit désormais plus rien, selon la société

La question agitait le microcosme genevois du négoce de pétrole depuis mars 2014: comment Torbjörn Törnqvist allait-il pouvoir rembourser son ancien associé Gennady Timchenko? Ce dernier, avec lequel il avait créé la société Gunvor en 2000 en Finlande avant de déménager à Genève deux ans plus tard, avait alors dû lui revendre en urgence ses parts dans la société (43,5% environ).

Une partie de la réponse a donc été apportée mardi par le Financial Times: Torbjörn Törnqvist, dont la fortune personnelle était déjà estimée à 1,8 milliard de dollars par Forbes, s’est adjugé un dividende exceptionnel de 1 milliard de dollars pour l’exercice 2015, soit les quatre cinquièmes du bénéfice net record engendré cette année-là (1,25 milliard) par Gunvor. Le Suédois a ensuite reversé cette somme au milliardaire russe afin de rembourser sa dette, chose qu’il n’avait pas faite jusque-là.

Dans une réponse adressée au quotidien économique britannique, Gunvor assure d’ailleurs que le groupe, tout comme Torbjörn Törnqvist, ne doivent désormais plus rien à Gennady Timchenko. La société précise que le paiement a été effectué en euros, dans le respect des règles, et que les autorités concernées ont été prévenues de la démarche.

Participation réduite

Gennady Timchenko, réputé proche de Vladimir Poutine, avait revendu ses parts le 20 mars 2014, soit un jour avant que les Etats-Unis ne le placent sur la liste des personnalités visées par des sanctions suite à l’invasion de la Crimée par la Russie. De la sorte, Gunvor avait évité de se retrouver à son tour visée par les sanctions américaines ce qui aurait pu lui poser un problème pour se refinancer auprès des grandes banques internationales.

Le milliardaire russo-finlandais, quant à lui, a toujours nié être un proche du président russe ou d’avoir bénéficié de ses faveurs dans l’obtention de contrats pétroliers. Il reste néanmoins la cible de sanctions américaines à l’heure actuelle.

Coïncidence ou non, Bloomberg a annoncé mardi que Torbjörn Törnqvist avait réduit sa participation dans Gunvor au profit de ses employés. Le Suédois, qui détenait jusque-là tous les droits de vote, ne possédera d’ici à la fin de l’année plus que 70% de la société. Contre 78% actuellement.

Ces deux dernières années Gunvor s’est attelée à diversifier ses sources de revenus en prenant ses distances avec la Russie. Le négociant, qui emploie plus de 220 personnes à Genève, a par exemple revendu l’année dernière une part importante d’un terminal pétrolier sur la mer Baltique. Une vente qui avait contribué à son résultat record et dont le fruit est donc revenu, en partie, à Gennady Timchenko.

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