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Eric Olsen, lors d’une conférence de presse le 2 mars 2017.

Entreprises

Le patron de LafargeHolcim démissionne

C’est une des suites de l’enquête sur les soupçons de financement de l’Etat islamique en Syrie. Eric Olsen partira le 15 juillet 2017. Beat Hess, président du conseil d’administration, va assurer l’intérim

Le directeur général du géant du ciment LafargeHolcim, Eric Olsen, quittera le groupe le 15 juillet, à la suite d’une enquête interne sur d’éventuelles transactions avec des groupes armés en Syrie, a annoncé lundi le groupe. Sa démission a été acceptée par le conseil d’administration qui a cependant «conclu qu’Eric Olsen n’était ni responsable ni pouvant être considéré comme informé des actes répréhensibles identifiés dans le cadre de cette enquête».

«Ma décision est guidée par la conviction qu’elle contribuera à apaiser les fortes tensions qui sont récemment apparues autour de la question de la Syrie», a déclaré Eric Olsen, cité dans un communiqué. «Bien que je n’aie été en aucune manière impliqué, ni même informé d’actes répréhensibles, je pense que mon départ contribuera à ramener de la sérénité à une société qui a été exposée depuis des mois sur ce sujet», a-t-il ajouté.

La recherche d’un successeur va être lancée immédiatement. Beat Hess, le président du conseil d’administration, reprendra les commandes l’entreprise par intérim pendant la transition.

Des arrangements «inacceptables» en Syrie

Le franco-américain Eric Olsen s’était vu confier les rênes de l’entreprise lors de la fusion en juillet 2015 du français Lafarge avec le suisse Holcim.

En mars, le groupe avait admis avoir conclu des arrangements pour maintenir l’activité d’une cimenterie située à Jalabiya, à 150 kilomètres au nord-est d’Alep. La filiale locale, qui appartenait alors à Lafarge avait remis des fonds à des tierces parties pour trouver des arrangements avec des groupes armés, dont des tiers visés par des sanctions, alors que la situation politique en Syrie avait créé des conditions difficiles pour assurer la sécurité de l’usine et de ses employés, avait reconnu le groupe.

Une enquête interne n’avait pas pu établir avec certitude quels étaient les destinataires ultimes des fonds, avait précisé LafargeHolcim.

Selon Le Monde, qui avait révélé l’affaire en juin, ces arrangements ont notamment profité à l’organisation Etat islamique (EI). Rétrospectivement, les mesures prises pour maintenir l’usine en activité étaient «inacceptables», avait admis le groupe.

Relire: Lafarge accusé de financement du terrorisme en Syrie (15.11.2016)

LafargeHolcim admet avoir conclu des arrangements «inacceptables» en Syrie (02.03.2017)

Suite aux révélations du Monde, plusieurs ONG, puis le ministère de l’Economie, ont porté plainte contre le cimentier, l’accusant notamment de financement du terrorisme et d’avoir enfreint les sanctions édictées par l’Union européenne contre le régime de Bachar al-Assad.

Le Figaro avait annoncé dès ce week-end le départ d’Eric Olsen. Pour le quotidien français, cette sortie potentielle «fait des vagues, notamment chez certains actionnaires dont, affirment plusieurs sources, Nassef Sawiris. L’homme d’affaires égyptien n’aurait pas plaidé dans ce sens, tandis que le Suisse Thomas Schmidheiny s’y serait rallié».

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