«Une expansion à deux chiffres depuis 24 trimestres.» Guerrino De Luca aime rappeler le taux de croissance réalisé par Logitech depuis six ans. On le comprend. Ces résultats ont permis au groupe technologique vaudois de devenir l'un des chouchous des investisseurs. Le directeur général de Logitech s'exprimait vendredi à Lausanne dans le cadre de la présentation des attentes conjoncturelles de la BCV pour 2005.

«Pas de volonté perverse»

Les fonds alternatifs («hedge funds»), dont les gérants sont autorisés à vendre des titres à découvert, ont parfois été attaqués par des patrons dont les titres se retrouvaient sous pression. Ces fonds spéculatifs représentent-ils une menace pour les sociétés? Guerrino De Luca ne le pense pas: «Ils font partie du panorama de l'investissement. Ils constituent un peu le stabilisateur des marchés. Il n'y a pas de volonté perverse derrière leur action.»

Un grand nombre d'analystes sont positifs sur Logitech, à l'image de Pictet, Sarasin, Credit Suisse First Boston. Que pense Guerrino De Luca de l'analyse financière? «Les analystes secondaires font un métier très difficile. Ils doivent souvent suivre un grand nombre de sociétés. Par conséquent, ils peinent parfois à comprendre les petites entreprises qui sont noyées par les flux d'informations disponibles sur les grandes. En fait, leurs recommandations sont valables sur de très courtes périodes.»

La firme dirigée par Guerrino De Luca réalise 85% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis et en Europe. Le spécialiste en souris, claviers sans fil et autres webcams cherche-t-il à se renforcer en Inde et en Chine, zones à forte croissance? «Nous tablons sur des ventes chinoises en hausse de 30% par an dans un futur prévisible, affirme le patron. Mais, contrairement aux acteurs présents dans les ordinateurs personnels ou les téléphones cellulaires, dont les marchés historiques sont saturés, l'Asie ne constitue pas notre seule opportunité de croissance.»