Herbert Bolliger, président de la direction de Migros, brise un tabou. Dans une interview à Schweiz am Sonntag, il demande «la suppression des lois sur les heures d’ouverture des magasins». Aux consommateurs de décider. «Nous n’ouvrons nulle part les magasins si les clients ne viennent pas», argumente-t-il.

Le patron du géant orange craint que la libéralisation totale soit combattue dans les cantons et ne reste qu’un vœu pieux. Il serait pourtant préférable, à son avis, «que tous les cantons suivent l’exemple argovien». Ce dernier a supprimé sa loi sur les heures d’ouverture en 2005. Les limites sont devenues celles qu’autorise la loi fédérale sur le travail. Les magasins peuvent être ouverts du lundi au samedi de 6 à 23 heures.

Un compromis se profile au parlement

Le moment choisi par Migros pour s’exprimer sur le sujet ne doit rien au hasard. La semaine dernière, la commission de l’économie du Conseil des Etats a proposé d’accepter la nouvelle loi fédérale. Elle prévoit une ouverture de 6 à 20 heures du lundi au vendredi et de 6 à 18 heures le samedi.

Selon le journal dominical, le patron de Migros tente peut-être de tirer profit de la récente augmentation de la représentation bourgeoise sous la coupole fédérale. Mais les citoyens refusent souvent de telles mesures lors des scrutins locaux.

A lire aussi: Bras de fer valaisan autour des horaires d'ouverture des commerces

La porte-parole des magasins Volg soutient également la libéralisation, soulignant le déplacement des flux de consommateurs vers le soir. Un prolongement des heures d’ouverture améliore aussi, à son avis, les chiffres d’affaires et bénéfices, spécialement dans les petits magasins.

Martin Sturzenegger, directeur du tourisme zurichois, estime par ailleurs qu’une grande ville comme celle de Zwingli devrait offrir la possibilité de faire du shopping le dimanche. «Selon nos sondages, c’est un besoin fort de la part des touristes. Nous sommes handicapés par rapport à la concurrence européenne», ajoute-t-il.

A lire aussi: Bénéfice net en repli pour le groupe Migros en 2015

Les syndicats critiquent fortement cette tendance à la libéralisation. Arnaud Bouverat, secrétaire d’Unia, déclare que «les employés du commerce de détail sont insuffisamment protégés par la loi sur le travail». La libéralisation proposée au parlement fédéral conduirait «dans 14 cantons et pour plus de 65 % des employés à une détérioration des conditions de travail». Le syndicat déplore aussi la tendance des grands groupes à promouvoir le travail à la demande.