Immobilier

Le patron de Realstone navigue à contre-courant

Son écurie de voile est plus connue que son fonds immobilier. Mais Esteban Garcia entend bien continuer à profiter de sa passion lacustre, sans avoir peur de se mouiller pour la politique conservatrice de la Banque nationale suisse et pour la Lex Weber

La tempête qui a frappé le Bol d’or de la semaine dernière a eu raison du mât du D35 Realstone. Mais elle n’aura assurément pas entamé la passion pour la voile d’Esteban Garcia. A la veille de la compétition, le fondateur du fonds de placement immobilier Realstone avait convié la presse sur son catamaran pour une virée lacustre. L’occasion d’aborder les actualités de la pierre, tout en glissant sur le terrain de jeu préféré de la société lausannoise: l’Arc lémanique.

Realstone, 1,9 milliard de francs d’actifs sous gestion, a beau se préparer à inaugurer son projet Les Arsenaux de 220 appartements à Fribourg, Esteban Garcia se dit «prêt à mettre [sa] casquette d’investisseur immobilier de côté» pour naviguer à contre-courant. D’abord, pour saluer la politique de la Banque nationale suisse (BNS). Le 13 juin, la veille de cette conférence de presse lacustre, elle avait préconisé des mesures supplémentaires visant à freiner l’entrée des caisses de pension dans l’immobilier de rendement. Esteban Garcia estime «logique que la BNS tente de freiner la surenchère immobilière. De notre perspective, les investissements prennent de la valeur. Mais les loyers deviennent trop élevés pour les locataires.» La BNS devrait augmenter d’ici à 2020 la pondération du risque pour les prêts à taux d’intérêt élevé; ce qui entraînerait mécaniquement une diminution des liquidités disponibles dans ce segment d’investissement.