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Le patron des SIG entend remettre Genève au centre de leur stratégie

Christian Brunier veut faire oublier l’ère d’André Hurter

Le patron des SIG entend remettre Genève au centre de leur stratégie

Energie Christian Brunier veut faire oublier l’ère d’André Hurter

De fortes corrections de valeur comptable sont attendues

«Il s’agit aujourd’hui de retisser les liens avec Genève, en rencontrant les gens, en réexpliquant nos activités, et en rendant des comptes.» Christian Brunier, nouveau directeur des Services industriels genevois (SIG), en fonction depuis début avril, a fait part de ses objectifs mercredi au cours d’une conférence de presse. La rencontre s’est déroulée alors que sont attendus les résultats d’audits au sujet du fonctionnement du fournisseur genevois d’électricité secoué par sa politique d’investissement risquée dans l’éolien en Suisse romande, via la société Ennova.

Agé de 50 ans, le nouveau directeur connaît la maison comme sa poche. Entré aux SIG en 1982 en tant qu’informaticien, il a grimpé tous les échelons avant d’entrer à la direction générale dès 2006.

Le conseil d’administration des SIG, dont le président Alain Peyrot se retirera fin mai, a préféré confier la direction du groupe, propriété de l’Etat et des communes genevoises, à un candidat interne plutôt que de voir la réorganisation menée par quelqu’un de l’extérieur. Les SIG emploient 1750 personnes, dont 426 dans la distribution et la production de gaz et d’électricité, et 417 dans le secteur des eaux et des déchets. Le chiffre d’affaires, stable depuis plusieurs années, se situe à un peu plus d’un milliard de francs par an, obtenu à raison de 26% dans la production et la vente d’électricité, 21% dans la distribution de courant et 23% dans le secteur du gaz et de l’énergie thermique. «Les SIG entendent devenir les champions de la transition énergétique», explique Christian Brunier, ancien député socialiste.

Comparé à l’an 2000, les économies d’énergie devraient représenter 15% en 2020 et 35% en 2035. Les SIG produisent 25% du courant distribué et achètent le solde sur le marché. L’énergie solaire représente moins de 1% de leur approvisionnement, alors que l’éolien est toujours à l’état de projets. L’ancien directeur André Hurter, qui avait démissionné en septembre 2013 à la suite de la révélation de l’affaire Ennova, avait mené une stratégie d’expansion en Suisse romande, notamment dans l’éolien, et de prise de participations dans des barrages au fil de l’eau au nord de la Suisse.

Christian Brunier privilégie le recentrage sur la région. «La priorité de l’entreprise est d’être au service des Genevoises et des Genevois», explique-t-il. Une expansion en France, qui avait conduit à la création d’une succursale aujourd’hui mise en veilleuse, n’est par exemple pas à l’ordre du jour. «J’entends réduire la bureaucratie et privilégier la rigueur et la transparence dans nos activités», explique le nouveau directeur.

Les comptes 2013 seront communiqués jeudi. Ils seront sans doute marqués par de fortes corrections de valeur des installations hydrauliques et des projets éoliens. En 2012, la perte des SIG, après paiement des redevances aux collectivités publiques, s’est montée à 75,5 millions de francs.

75% du courant électrique distribué dans la région genevoise est acheté à l’extérieur

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