«Le patron a viré tout le monde, le personnel sort protester»

L’histoire

Ce ne devait être au départ qu’un «modeste» débrayage. Mais un signal clair de mécontentement lié à des mesures jugées drastiques pour contrer le franc fort (travail gratuit le samedi, soit un prolongement des horaires hebdomadaires de trois heures, paiement des salaires en euros et baisse généralisée des salaires de 10%), décidées par leur employeur. Un comportement illégal aux yeux des syndicats. Mais justifié, selon Mecalp Technology, sous-traitant automobile qui exporte 100% de sa production dans l’Union européenne.

Mardi, le conflit social annoncé la veille chez cette filiale genevoise du groupe français Bontaz-Centre, l’un des leaders européens du décolletage et de l’équipement pour voitures, a pris une dimension inattendue. «Le patron a viré tout le monde, le personnel sort protester», signale le matin même, via un texto, le syndicat Unia.

De simple pause d’avertissement, la grogne d’une quarantaine de salariés – sur un total de 50 collaborateurs, en majorité des frontaliers – de cette unité genevoise s’est muée en première grève de Suisse romande liée à l’abandon du taux plancher.

Injoignable toute la journée de mardi, Mecalp Technology avait prévenu la semaine passée ses effectifs qu’en cas de refus d’adapter leurs contrats de travail aux nouvelles contraintes du marché, elle n’hésiterait pas à congédier tout le monde. Mesure extrême qu’elle n’a finalement pas mise en œuvre. Quoique l’entreprise sise à Meyrin ait tout de même licencié hier trois personnes. Avant de les réintégrer, sous la pression de sa base.

Autre effet de ce bras de fer: le retrait de tous les changements contractuels anti-franc fort souhaités, sauf les trois heures de travail supplémentaires par semaine. Les partenaires sociaux continuent de négocier. Unia évoque carrément l’usage d’un fonds d’aide cantonal (crédit temporaire ou cautionnement d’emprunts), encore en devenir.