Alors que les exportations devraient se stabiliser à un faible niveau en deuxième partie d’année, la crise économique frappera de plein fouet l’économie indigène et la consommation privée en 2010, écrit lundi economiesuisse. Pour mémoire, l’association patronale tablait en décembre sur une croissance nulle du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse en 2009.

Moteur de l’économie helvétique, les exportations devraient bientôt renouer avec la croissance, après avoir subi une chute de 13,3% en variation annuelle sur les quatre premiers mois de 2009, a relevé en conférence téléphonique Rudolf Misch, l’économiste de l’organisation. La stabilisation sur les marchés étrangers ne marquera pas pour autant un retour rapide aux volumes exportés enregistrés avant la crise.

Au contraire, economiesuisse s’attend à une longue phase de stagnation. Une reprise durable ne pourra pas se matérialiser immédiatement. Par ailleurs, l’augmentation du taux d’épargne en particulier aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne limitera la croissance. Les marchés émergents constituent une des rares lueurs d’espoir pour les exportations suisses.

L’évolution internationale affecte aussi fortement le tourisme et les exportations de services diminueront considérablement cette année et l’an prochain, selon M. Misch. La crise qui affecte l’Allemagne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, pays d’origine de nombreux touristes séjournant en Suisse, a un impact direct sur le nombre et la durée de nuitées.

Et l’augmentation du tourisme local ne pourra pas compenser la baisse des visiteurs étrangers, en raison du ralentissement annoncé de l’activité économique en Suisse. La dégringolade des commandes intervenue en ce début d’année dans nombre d’entreprises exportatrices se traduira par des réductions de coûts «massives», a expliqué M. Misch.

Des programmes d’économies qui ne resteront pas sans effets sur le marché du travail, lequel affichera une détérioration en fin d’année. Pour 2009, economiesuisse table sur un taux de chômage moyen de 4%, avec un pic dépassant les 5,5% en automne, en raison de facteurs saisonniers.

Le taux de chômage moyen culminera à 5,3% en 2010 avec la récession du marché indigène. Les secteurs les touchés par les suppressions d’emplois seront ceux de la sous-traitance automobile, de l’industrie des machines et du textile ainsi qu’une partie de celui des spécialités chimiques. A cela s’ajoutent les compressions d’effectifs qu’opère actuellement le secteur financier.

Du côté des prix, cette phase récessive entraînera au minimum une stagnation voire un recul de l’inflation. Le prix du pétrole, étant nettement inférieur à celui du premier semestre 2008, le taux de renchérissement sera même négatif, selon M. Misch.