La crise du coronavirus n’est pas terminée. Beaucoup de gens en souffrent encore et déjà des voix s’élèvent pour revenir «à la normale». Mais qu’est-ce que cela signifie après tout? Avant la crise, la situation était-elle normale? Notre société était fragilisée, pas suffisamment durable et socialement inéquitable. Déjà affectée par des changements climatiques, elle a été terrassée par la pandémie en cours. Est-ce vraiment cette société-là que nous voulons retrouver?

Si la crise est censée déboucher sur un monde nouveau, à quoi ce monde ressemblera-t-il? Partout fleurissent des tribunes, analyses et opinions sur ces questions essentielles; un peu comme s’il suffisait de souhaiter le changement pour qu’il se réalise.

Nous, la Fondation Solar Impulse, et les entreprises qui la soutiennent, n’appelons pas simplement de nos vœux un monde meilleur, nous nous engageons auprès de vous à le mettre en œuvre par des actions très concrètes.

Les partenaires de la Fondation Solar Impulse représentent plus d’un million d’emplois dans le monde et une part significative de l’économie mondiale.

En tant que grands acteurs économiques et industriels mondiaux, nous avons pleinement conscience de notre rôle dans la société. C’est pourquoi nous allons tout mettre en œuvre pour bâtir un monde meilleur après cette crise. Un monde à la fois plus propre, plus durable, plus juste, plus efficient, plus respectueux de la biodiversité et du climat… Malgré la crise qui nous frappe, comme des milliers d’entreprises, nous nous engageons à respecter nos objectifs environnementaux et à promouvoir une alimentation accessible et durable, des énergies renouvelables et des produits issus de circuits responsables, à réduire nos émissions de gaz à effets de serre, à soutenir les processus d’économie circulaire et l’utilisation efficiente des ressources.

Des technologies rentables et au bénéfice de l’environnement

Comment? Grâce aux technologies durables qui se développent partout dans le monde et que la Fondation Solar Impulse sélectionne, soutient et promeut depuis plusieurs années à travers son défi des 1000 Solutions. Il en existe en effet des milliers, dans les domaines de l’eau, de l’énergie, des infrastructures, de la mobilité, des processus industriels et de la production agricole.

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Cet engagement, nous le prenons autant pour l’économie que pour la planète. En effet, ces technologies propres ne sont pas seulement bénéfiques à l’environnement, elles sont devenues financièrement rentables. En nous permettant de consommer une énergie renouvelable moins coûteuse, en rendant nos procédés industriels plus efficients, en réduisant le gaspillage et les déchets, en améliorant le recyclage, ces solutions propres et rentables sont un formidable levier pour une croissance économique qualitative plutôt que quantitative. Elles mettent en place un nouveau système économique fondé sur le remplacement de produits et de procédés polluants par des produits et des procédés durables. Consommer mieux plutôt que consommer plus.

Notre vision commune est celle d’un monde qui n’oppose plus les intérêts des activistes environnementaux et ceux des grands acteurs économiques et industriels, car nous partageons les mêmes buts: créer des emplois, participer au bien-être social et améliorer la qualité de vie sur cette planète.

Bien que certains se réjouissent que l’arrêt des activités humaines diminue la pollution, la situation actuelle nous montre parfaitement combien le ralentissement économique est désastreux pour des millions de gens. Notre objectif commun est de construire un monde dans lequel la prospérité de nos sociétés va de pair avec celle de notre planète.

Les technologies pour ce faire existent, nous commençons déjà à en utiliser certaines, mais nous avons besoin qu’elles se généralisent. C’est pourquoi nous appelons unanimement les gouvernements à mettre en œuvre des politiques environnementales ambitieuses, avec des stratégies claires et des trajectoires adaptées par secteurs, qui nous donnent la sécurité nécessaire pour investir dans le futur. Le cadre juridique et législatif doit permettre d’éviter la distorsion de concurrence entre ceux qui font preuve d’un esprit pionnier et ceux qui continuent d’agir comme si la crise environnementale n’existait pas.

La situation que nous vivons en ce moment, malgré ses aspects les plus terribles, est une occasion de reconstruire un nouveau modèle économique et industriel durable. Nous, la Fondation Solar Impulse ainsi que ses partenaires, nous nous engageons à le mettre en œuvre et vous appelons à en faire de même.


* Un engagement cosigné par: Bertrand Piccard, président, Fondation Solar Impulse et les partenaires de la Fondation Solar Impulse: Bernard Arnault, président-directeur général, LVMH; Pierre-Etienne Bindschedler, président-directeur général, Soprema; Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général, BNP Paribas; Jean-Pierre Clamadieu, président du conseil d’administration, Engie; Ilham Kadri, présidente du comité exécutif et directrice générale, Solvay; Georges Kern, directeur général, Breitling; Florent Menegaux, président, Michelin Group; Benoît Potier, président-directeur général, Air Liquide; Anne Rigail, directrice générale, Air France; Mark Schneider, administrateur délégué, Nestlé; Markus Steilemann, directeur général, Covestro; Jean-Pascal Tricoire, président-directeur général, Schneider Electric