«La dynamique industrielle n'a jamais été aussi forte», a indiqué Jean-Luc Favre, directeur général d'ABB Sécheron et président de l'Union industrielle genevoise (UIG) (voir interview ci-dessous). A Genève, elle compte une centaine d'entreprises, représentant 3500 emplois. Plus dynamique, plus visible, et donc plus crédible, elle entend peser sur le développement économique de la région. «C'est justement quand tout va bien qu'il faut innover, comme on l'apprend dans tout bon cours de management», a expliqué Patrick Mayer, directeur de l'Office de promotions des industries et technologies (OPI). «Il faut interpeller les autorités, mais il faut aussi convaincre chaque jour la population avec un parler vrai d'entrepreneur», a-t-il expliqué.

D'une manière générale, les conditions-cadres de l'économie sont bonnes dans l'Art lémanique, estiment les quelque 130 chefs d'entreprises et cadres réunis hier a Genève, à l'initiative de l'OPI. Grâce à la croissance des chiffres d'affaires et des emplois dans l'horlogerie, les arômes et les parfums, les biotechnologies et la «mécatronique», le contexte est particulièrement favorable dans l'industrie. Il lui donne de meilleures chances d'être entendue des autorités et de la population.

Une meilleure information

Il ressort très nettement de leur après-midi de réflexion que les patrons lémaniques se montrent souvent déconcertés par la complexité des organismes de soutien aux entreprises et les particularismes romands. Ils souhaitent une meilleure information à tous les niveaux sur les interfaces entre les entreprises, les structures étatiques et le monde académique.

Il reste des points noirs au développement économique régional, parmi lesquels la pénurie de logements et l'insuffisance du réseau routier sont citées en priorité par les capitaines de l'industrie locale. Mais ce n'est pas tout: «La sécurité des personnes et des biens n'est plus assurée dans l'Arc lémanique. De plus, l'enseignement doit passer à une phase supérieure de développement, avec un véritable décloisonnement entre l'école et l'économie», a précisé Patrick Mayer.