Une «solution révolutionnaire» sur le marché de la prévoyance. C’est sous ce qualificatif alléchant que Pax, une coopérative d’assurances bâloise, propose dès maintenant une combinaison des deux mondes de la prévoyance actuels. Les entreprises ont aujourd’hui le choix entre le modèle d’assurance complète, avec sa garantie à 100% des risques de placements, et l’assurance semi-autonome, qui fait supporter les risques d’épargne aux assurés. L’assureur indépendant bâlois, avec quelque 340 collaborateurs, brise cette séparation en commercialisant sa nouvelle solution appelée Duostar. «Aucune solution semblable n’existe sur le marché suisse», déclare au Temps Andreas Kiry, porte-parole de Pax.

Pax, avec environ 450 millions de francs de recettes de primes assurance vie collective en 2020, a pour vision d’être «le meilleur assureur de prévoyance de Suisse». Elle espère atteindre cet objectif en s’appuyant sur ses valeurs coopératives telles que la sécurité et les besoins des clients. En lançant Duostar, le bâlois ne quitte pas l’assurance complète comme l’ont fait plusieurs autres assureurs, notamment Axa en 2019. Elle reste fidèle à sa stratégie de base, mais elle entend «marier le meilleur des deux mondes», déclare dans une interview Yvonne Häring, membre de la direction de Pax. Concrètement, les cotisations d’épargne et les avoirs de vieillesse sont divisés en deux parts égales, une moitié avec garantie à 100% et l’autre axée sur le rendement, indique Andreas Kiry.

Primes inférieures

La combinaison des deux modèles se distingue du seul modèle d’assurance complète par une réduction des primes et un meilleur potentiel de rendement à l’heure des taux d’intérêt extrêmement bas. Les primes sont en effet 24% moins cher que pour le modèle de garantie complète. Comme la réduction permise par Duostar porte sur la moitié de l’avoir, la diminution est donc de 12%.

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Par rapport à une solution purement semi-autonome, Duostar offre une sécurité accrue puisque 50% de l’avoir de vieillesse est garanti en tout temps à 100%. Pax parle alors de «niveau de garantie totale pour 50% de l’épargne».

Ainsi, la moitié des cotisations d’épargne et des avoirs de vieillesse bénéficie d’une assurance complète. L’autre moitié est investie à la recherche d’un rendement supérieur, puisque la stratégie de placement est plus risquée qu’avec la garantie à 100%. Pour la partie «opportunité», les obligations représentent par exemple 9% du portefeuille, les actions 45%, l’immobilier 30%. Pour la composante «sécurité», la part des obligations s’élève à 55% et celle des actions à 5%, l’immobilier 15%.

Nouveau segment de clientèle

Pour Yvonne Häring, Pax «n’offre pas un nouveau produit, mais une solution de prévoyance» qui permet ainsi d’accroître l’étendue des choix dans la prévoyance, tout en respectant les possibilités offertes par les réglementations du 2e pilier.

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L’ambition de la direction consiste à s’ouvrir de nouveaux segments de clientèle, à travers ceux qui «aimeraient ne pas quitter entièrement le monde d’une garantie totale pour la partie épargne mais qui aimeraient un rendement supérieur». L’assureur s’adresse aussi aux entreprises qui apprécient la performance des solutions semi-autonomes mais qui veulent davantage de sécurité. «La plus-value réside dans l’équilibre entre la combinaison entre sécurité et rendement», déclare Yvonne Häring. Elle ne vise pas un segment particulier en termes de branches d’activité, de région linguistique ou de taille mais un profil de risque équilibré.

Le besoin est réel, en particulier pour les entreprises qui n’ont pas la capacité de supporter un risque d’épargne, ajoute-t-elle. Selon le modèle d’affaires, le but n’est pas de déplacer les actuels clients du modèle d’assurance complète vers Duostar, mais d’en trouver de nouveaux, dans l’idéal entre 80 et 100 institutions.