L’élection presque acquise de la ministre française de l’Economie Christine Lagarde à la tête du Fonds monétaire international (FMI) irrite les pays émergents. «A moins que les droits de vote au sein de cette institution ne reflètent les nouvelles réalités économiques, il va être extrêmement difficile pour un candidat non européen d’accéder à ce poste», a déclaré mercredi Arvind Virmani, le directeur indien au FMI.

Grâce à leur position dominante avec 66% des droits de vote et un arrangement entre eux, les Etats-Unis s’octroient la direction de la Banque mondiale et l’Europe celle du FMI depuis leur création en 1944. Les pays émergents, qui détiennent 33% des voix, ne menacent pour l’heure pas la candidature européenne. Ils le pourraient dans la mesure où toutes les décisions doivent réunir 85% des voix.

Dans un communiqué publié mardi soir à Washington, le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, collectivement connus comme le BRIC, ont une nouvelle fois contesté la mainmise des Européens et des Américains sur les institutions de Breton Woods. «Si celles-ci veulent maintenir leur crédibilité et leur légitimité, elles doivent recruter les dirigeants de façon transparente et sans égard à la nationalité des candidats», ont-ils écrit.

«Candidature bienvenue»

C’est dans ce contexte de statu quo que Montek Singh Ahluwalia, vice-président de la Planning Commission of India dont le nom a été mentionné comme un potentiel successeur de Dominique Strauss-Kahn, a déclaré que la candidature de Christine Lagarde est bienvenue. «Elle a le désavantage d’être une Européenne, mais elle a beaucoup d’avantages, dont le fait d’être une femme», a-t-il déclaré mercredi au Temps. Par contre, il craint que sa tâche ne soit très difficile, c’est-à-dire sauver la zone euro et créer l’impression que le FMI sert surtout les intérêts européens. «L’Inde, la Chine et l’Asie de l’Est n’ont plus besoin de cette institution», a-t-il conclu.